Musée de Grenoble

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Les mystères de la Prophétesse d'Antinoé

Le luth

Les résultats de l'étude scientifique conduite sur la Prophétesse d'Antinoé, paraissent aujourd'hui dans un précieux catalogue qui ne lève pas pour autant tous les mystères de la momie.

Après une étude scientifique pluridisciplinaire et une importante campagne de restauration, la prophétesse d'Antinoé a retrouvé sa place au sein des collections d'antiquités égyptiennes du musée en 2010. Grâce au soutien de l'Institut d'Archéologie de Berlin, en collaboration avec le musée du Louvre et l'Université Rennes II parait aujourd'hui un précieux catalogue qui livre les résultats de cette étude sans pour autant lever tous les mystères de la Prophétesse…

Mise à jour lors de la campagne de 1906-1907, par l'archéologue Albert Gayet, la sépulture de la prophétesse a été exposée au musée d'Emile Guimet, dès son arrivée à Paris. Dans la foulée, celui-ci en fit don au musée-bibliothèque de Grenoble. Cet ensemble comprend le corps de la prophétesse, revêtu de textiles à décors, ainsi que son mobilier funéraire : un luth, quatre vases et une statuette d'Isis-Déméter en terre cuite polychromée, deux flacons en verre et une paire de sandales.

Pièce maîtresse de cette sépulture, le luth (instrument à cordes pincées constitué d'une caisse de résonance et d'un manche) témoigne de la pérennité de cet instrument dans l'Egypte de la période copte (V-VIIIe siècles), dont il est un des rares exemplaires et des mieux conservés. En raison de son importance et en l'absence de données archéologiques fiables, une étude scientifique a été confiée à une équipe pluridisciplinaire afin de mieux connaître cet objet, sa provenance, son usage et son rôle dans le paysage musical de l'époque. Remarquable par sa rareté et son très bon état de conservation, cet instrument de musique fait partie de la série des sept luths coptes connus à ce jour, datés entre le Ve et le VIIe siècle.

Au-delà de l'étude organologique, cet objet soulève bien des questions car l'enquête dévoile ses secrets de fabrication mais invite à s'interroger sur la technique de jeu employée, le répertoire, et, de façon plus générale, sur son rôle dans le paysage musical de l'Egypte à l'époque byzantine. Les équipes ont ainsi procéder à une étude plus poussée (sur le bois, le mode de reconstruction, l'accord de l'instrument, etc), à reprendre la datation, à s'interroger enfin sur la signification du titre de la défunte, sur ces rapports avec le culte d'Antinoos et à replacer la tombe dans son contexte archéologique et historique. C'ets à ce jour la seule sépulture exhumée par Albert Gayet qui ait fait l'objet d'une étude aussi exhaustive.