Musée de Grenoble

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Présentation de l'exposition

Organisée selon un parcours chronologique, l'exposition met en exergue les thèmes chers à Philippe Cognée : objets, paysages, portraits, vues de villes, supermarchés, vanités… Près d'une centaine de peintures, provenant de collections publiques et privées, occupe les espaces d'exposition du musée jusqu'au patio où sont présentées quelques unes des œuvres les plus récentes de l'artiste. 

 

 La tour, 2002 Immeuble La Tour, 2002, collection Zucchi, Suisse, © ADAGP, Paris, 2013

 

 

La ville est un des sujets de prédilection de Philippe Cognée depuis le début des années 90. Sa fascination pour ce thème ne relève d‘aucune considération sociologique.  Il l'utilise comme un objet formel dont la structure s'appuie sur un réseau de lignes évoquant la grille cubiste. Les compositions monumentales sont peintes dans des tonalités neutres, parfois presque en noir et blanc. La technique de la cire fondue engendre une esthétique de la destruction et du chaos : les tours et les monuments vacillent, prêts à s'écrouler. De cette référence à la ruine, découlent des notions telles que la solitude, l'anonymat, l'abandon.

Avec les tableaux de Foules, l'artiste se situe aux limites de l‘abstraction. L‘humain est mis à distance et démultiplié, sans distinction ni identité, noyé dans la surface quasi monochrome, en dépit de quelques taches de couleur. Manifestations, plages bondées, rues fréquentées, salles de spectacle… les lieux s'effacent dans un cadrage resserré qui conserve paradoxalement la distance et donne aux êtres qui les occupent l'aspect d'insectes grouillants, comme liquéfiés. L'individu s'efface au profit de la masse, du nombre, du genre humain.

Les alignements de rayons de supermarchés que peint Philippe Cognée évoquent l'architecture urbaine modulaire et répétitive des barres d'immeubles. Les marchandises fondues dans la matière ne sont pas identifiables mais elles participent d'une habitude visuelle de l'abondance qui nous est familière. Dans ces espaces labyrinthiques, nulle présence humaine cependant,  seuls règnent le silence et la solitude tout au long des grandes allées bordées de marchandises.

En 2006, Philippe Cognée entame une série de Vanités : il peint des crânes, seuls, à deux ou par dizaines. Drame individuel ou tragédie collective, il leur donne des couleurs de fête : jaune, rose, vert fluo… déplaçant le sens de ces images. Le traitement pictural tonitruant qui va à l’encontre de la sobre retenue qu’appelle un tel sujet tire en effet ces tableaux du côté de la picturalité. En donnant à ses champs de têtes de mort des allures de papier peint baroque, le peintre ne fait que tendre à la peinture un miroir où elle se découvre, parée de tous ses atours, telle qu’elle est : vanité et poursuite du vent…

Après son premier ensemble de vues d'architectures urbaines peint dans les années 90, Philippe Cognée a élargi son regard à une réalité plus globale et beaucoup plus étendue de la ville, saisie à la verticale par satellite. Dans certaines œuvres, le motif couvre toute la toile, répétant des modules géométriques dont la multiplication confine à l'abstraction.  Dans d'autres, le cadrage resserré présente les toits des habitations dont la disposition compose un alphabet  énigmatique.

Grande foule II, 1999 Grande foule II, 1999, MAC/VAL, © ADAGP, Paris, 2013 Double vanité I, 2006 Double vanité I , 2006, collection Landais /Vallée, © ADAGP, Paris, 2013 Google Detroit 42 N 830 (n°1), 2006 Google Detroit 42 N 830 (n°1), 2006, collection Philippe Piguet, © ADAGP, Paris, 2013