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Jean-François Champollion, père de l’égyptologie

Né en 1790 à Figeac (Lot) d’un père libraire, Jean-François Champollion passe une partie de son enfance à Grenoble auprès de son frère aîné et éducateur, Jacques-Joseph. Là, il côtoie d’anciens participants de l’expédition d’Égypte de 1798, notamment Joseph Fourier, préfet de l’Isère.

Passionné par le monde antique, et plus particulièrement par l’Égypte, il part à Paris en 1807 pour y parfaire ses connaissances. Ayant déjà étudié le latin, le grec et l’hébreu, il y suit des cours, d’arabe, de persan, de sanskrit, de syriaque et de chaldéen. Déjà désireux de déchiffrer les hiéroglyphes, il peut consulter les manuscrits coptes de la Bibliothèque impériale. Il pense alors à utiliser cette langue comme base de travail.

De retour à Grenoble en 1809, il est nommé professeur d’histoire ancienne et le restera jusqu’en 1821. C’est aussi en 1809 que Champollion présente une première théorie sur la langue égyptienne. En 1810, il devient bibliothécaire-adjoint à la bibliothèque municipale de Grenoble. A ce titre, il rédige, vers 1812, un catalogue des objets égyptiens du cabinet des antiques de la ville.

Il publie en 1811 un premier ouvrage consacré à l’Égypte, Introduction à l’Égypte sous les Pharaons, qui sera suivi en 1814 de L’Égypte sous les Pharaons ou Recherches sur la géographie, la religion, la langue, les écritures et l’histoire de l’Égypte avant l’invasion de Cambyse. Description géographique (Tome 1 et tome 2).

Se ralliant à Napoléon lors des Cents-Jours, les frères Champollion s’attirent les foudres des monarchistes et sont contraints de se réfugier à Figeac entre 1815 et 1818. De retour à Grenoble, Jean-François y reste jusqu’en 1821 puis il s’installe définitivement à Paris.

Dès 1821, le travail qu’il effectue sur la pierre de Rosette, une stèle trilingue en grec, démotique et hiéroglyphique, lui permet de déchiffrer les noms des rois Ptolémaïques sur les monuments et d’avoir ainsi un premier corpus de lettres pour poursuivre son œuvre.

En 1822, il « tient l’affaire » et consigne ses idées dans la Lettre à M. Dacier relative à l'alphabet des hiéroglyphes phonétiques. Il formulera plus en détail sa découverte en 1824 dans son Précis du système hiéroglyphique des anciens Égyptiens, ou Recherches sur les éléments premiers de cette écriture sacrée, sur leurs diverses combinaisons, et sur les rapports de ce système avec les autres méthodes graphiques égyptiennes où il écrit : « […] l'écriture hiéroglyphique est un système complexe, une écriture tout-à-la fois figurative, symbolique et phonétique, dans un même texte, une même phrase, je dirais presque dans le même mot ».

En 1826, Jean-François est en Italie pour étudier les collections égyptiennes de Bernardino Drovetti, consul de France en Égypte, acquises par le roi de Sardaigne et déposées au musée de Turin. De passage à Livourne, il convainc le roi Charles X d’acquérir la collection d’Henry Salt, consul-général britannique au Caire. Cette collection constituera le premier fonds égyptien du musée du Louvre dont Champollion sera nommé conservateur par ordonnance royale en 1826. Champollion rédigera d’ailleurs en 1827 une Notice descriptive des monuments égyptiens du Musée Charles X, premier catalogue des collections égyptiennes du Louvre. En 1827, il fait acquérir la seconde collection de Drovetti forte de près de 2 000 objets.

En 1828, il embarque pour une expédition scientifique en Égypte qui le mènera au fil du Nil, d’Alexandrie en Nubie. Là, il explore les sites, fait des relevés et met à l’épreuve son système de traduction directement sur le terrain. Il rapporte en France nombre d’objets pour les collections du Louvre. Ses observations et relevés des sites furent compilés dans quatre volumes intitulés Monuments de l’Égypte et de la Nubie d’après les dessins exécutés sur les lieux, sous la direction de Champollion le Jeune, et publiés à titre posthume par son frère entre 1838 et 1845.

Nommé membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, il devient en 1831, le premier professeur d’égyptologie du Collège de France, charge dont il ne pourra guère profiter en raison de son décès prématuré en 1832 à l’âge de 41 ans.

En savoir plus

Musée Champollion à Vif (Isère)

Musée Champollion – Les écritures du monde à Figeac (Lot)

Rumilly, Portrait de Jean-François Champollion Voir l'image en grand Victorine-Angélique-Amélie Rumilly, Portrait de Jean-François Champollion. Coll. Musée Champollion, Vif © Cliché Musée dauphinois