Musée de Grenoble

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Le comte Jacques Louis Xavier Sibeud de Saint-Ferriol

Né en mai 1814 au château de Clelles (Isère) de l’union de Joseph Armand de Sibeud et de Magdeleine Françoise Galien de Châbons, Louis de Saint-Ferriol est l’ainé d’une famille de six enfants.

À l’âge de treize ans, il est envoyé au collège jésuite Saint-Michel de Fribourg où il reste six années à suivre de solides études. En 1828, il hérite de sa tante, la marquise Madeleine Françoise de Gautheron, d’une grande fortune et de plusieurs châteaux dont celui d’Uriage.

En 1830, il poursuit des études de droit et de sciences à Paris et rentre au Conservatoire des Arts et Métiers. Au contact des grandes collections parisiennes, il se prend d’une passion pour les civilisations anciennes, dont l’Égypte. Cet intérêt est partagé par de nombreux Français suite à l’expédition de Napoléon Bonaparte et au déchiffrement des hiéroglyphes par Jean-François Champollion en 1822.

En 1839, il fait un premier voyage de dix-huit mois en Europe du nord. De retour à Uriage à la fin de l’année 1840, il y reste un temps avant de partir pour un voyage d’un an en Italie. Fin 1841, il part en Égypte et en Nubie. Ce dernier voyage est connu par ses carnets aujourd’hui conservés à la bibliothèque municipale de Grenoble.

En Égypte, Saint-Ferriol visite les sites les plus remarquables comme Abou Simbel, Philae ou Louxor. Très intéressé par les temples égyptiens, il en fait des relevés et des plans, en prend les mesures et rédige d’abondantes descriptions. Durant ce séjour, il constitue une colossale collection d’Antiquités qu’il rapporte en France.

Avant de rentrer, il visite l’Asie Mineure où il peut contempler les ruines des différentes civilisations qui s’y sont succédé. De là, il remonte par la Turquie, se rend en Grèce pour visiter les sites où se sont forgées l’histoire et la culture européenne.

De retour en France en 1843, il expose sa collection, jusqu’alors conservée dans quatorze caisses dans trois pièces de son château. Il la complète avec des objets trouvés lors des fouilles des thermes romains d’Uriage et du bourg médiéval. Il y ajoute aussi une importante collection d’histoire naturelle.

La collection rassemblée par ce grand amateur d’art, érudit et scientifique amateur s’inscrit dans la droite ligne des cabinets de curiosité apparus au sein des élites à la Renaissance. Après la mort du comte en 1877, une partie de sa collection est dispersée mais les Antiquités égyptiennes viennent enrichir le fonds du musée de Grenoble en 1916, suite au legs du fils du comte, Gabriel de Saint-Ferriol.

Pour en savoir plus :

Catalogue de la collection rédigé par A. Moret (site de la bibliothèque universitaire d'Heidelberg)

Voir l'image en grand Portrait du comte de Saint-Ferriol. Coll. Bibliothèque municipale de Grenoble