Musée de Grenoble

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Fantin et la photographie

Inédit, le fonds de photographies d’Henri Fantin-Latour conservé au
musée de Grenoble révèle une dimension inattendue du travail de
l’artiste. Fantin semble avoir acquis de façon compulsive ces images,
objets d’étude autant que de délectation. Une vingtaine de tirages est
présenté dans le parcours de l’exposition pour illustrer l’usage qu’en
faisait l’artiste dans son processus créatif en regard de ses oeuvres
graphiques (déjà montrées au musée du Luxembourg). A la suite de
l’exposition, dans la Tour de l’Isle, les plus belles images de ce fonds
à travers une cinquantaine de clichés inédits sont révélées au public.

Auteur non identifié, Sans titre, musée de Grenoble Auteur non identifié, Sans titre, 9,2 x 14 cm musée de Grenoble

Attribué à Heid ou Igout, Sans titre, années 1880 Attribué à Heid ou Igout, Sans titre, années 1880. Tirage à l’albumine, 14 x 10 cm. Grenoble, musée de Grenoble

En 1921 la Ville de Grenoble reçoit un don de la veuve de l’artiste qui contient outre des ouvrages et des effets personnels une importante collection de photographies. Laissée pendant des décennies dans le secret des réserves de la bibliothèque du musée, c’est en 2008 que ce fonds est étudié. La surprise est grande de découvrir dans cet ensemble de documents un fonds de photographies de nu aussi important : 1400 photographies, essentiellement des nus féminins. Comble de l’étonnement, ces clichés se retrouvent parfois transposés sur calque, sur papier ou même sur toile. On comprend dès lors l’usage que Fantin faisait de ces images : à une époque où il pouvait être difficile de trouver des modèles, et pour un homme pudique et exigeant tel que lui, il y avait certainement maints avantages à travailler sur photographies plutôt que d’après modèles vivants.

Cette étude a aussi permis de révéler plusieurs signatures de photographes et de mesurer la richesse de cette collection : Bodmer, Igout, Marconi …Un nom se distingue particulièrement, celui du photographe anglais d’origine suédoise, Oscar Gustav Rejlander qui fut l’un des premiers victoriens à vouloir élever la photographie de nu au rang d’oeuvre d’art. Le musée de Grenoble en possédant quatre photographies signées et annotées est de ce fait l’un des rares musées à conserver autant de tirages de cet artiste