Musée de Grenoble

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Trois questions à...

Trois questions à... Frédérique Ryboloviecz

médiatrice du musée de Grenoble, en charge du projet hors-les-murs (avec Pierre Bastien et Marie-Laure Pequay)

Quel est l’état d’esprit de ce projet ?

Nous sommes accueillis dans une structure par une équipe volontaire, c’est un projet qui est préparé avec les acteurs 8 à 10 mois à l’avance. Nous proposons un temps de formation pour les personnes qui s’investissent avec nous afin qu’elles découvrent des collections qu’elles ne connaissent pas toujours. Ces acteurs peuvent être à leur tour passeurs. Nous concevons l’exposition puis nous cherchons à ce que chaque responsable de bibliothèque ou de MJC, agent de développement local, éducateur construisent avec nous des propositions et des projets en direction des publics. C’est un travail de co-construction.
L’approche des oeuvres est aussi originale. On cherche à sensibiliser à la richesse de la rencontre avec la création artistique en la rendant possible, en faisant tomber les barrières. On n’est pas dans un discours intellectuel, mais plutôt dans une démarche qui peut être ludique, sensorielle, qui procure de l’émotion. Une démarche riche et multiple dans un souci d’ouverture et de partage.

En quoi la visite du HLM diffère de celle du musée ?

La visite d’un HLM découle de cet état d’esprit. Un médiateur est présent en permanence pour favoriser l’échange autour des oeuvres avec les visiteurs individuels. Passer la porte du HLM, c’est à la fois une rencontre humaine et artistique. Nous savons que la majorité des publics a une pratique culturelle dans le partage et la rencontre. Aller au cinéma, visiter une exposition, écouter un concert sont autant de moments à vivre à plusieurs. C’est aussi ce que l’on veut offrir. Contrairement à une visite au musée, nous ne proposons pas de visite guidée avec un contenu linéaire, et c’est ce qui fait l’originalité de la démarche. Le médiateur invite le visiteur à s’exprimer et à échanger autour des oeuvres.


Pourquoi venir à la bibliothèque Abbaye-les-Bains ?

L’idée de l’exposition hors les murs, c’est susciter surprise et curiosité ! Pour y parvenir, nous proposons de s’installer dans des lieux de vie. Le public y a déjà ses habitudes et ne s’attend pas à voir un musée dans une maison des habitants ou une MJC ! C’est exactement le cas de cette bibliothèque au coeur du quartier Abbaye-Jouhaux où le musée n’avait pas encore proposé de HLM.

Trois questions à... Elisabeth Muselier

directrice de la bibliothèque Abbaye-les-Bains

Pouvez-vous revenir sur la genèse du projet ?

Nous avons été contactés par l’équipe du musée au printemps 2016. Ça fait presque un an que nous travaillons sur ce projet car un hors les murs (HLM pour les intimes), ce n’est pas qu’une exposition ! C’est une vraie démarche de territoire qui implique un grand nombre d’acteurs. Les partenaires ont tous suivi rapidement car la plupart d’entre-eux connaissent la qualité du travail de médiation du musée autour des expositions. Et l’impact positif des hors les murs est reconnu. Une réussite due à un travail de co-construction : le choix de la thématique et la programmation sont élaborés ensemble !

Une exposition sur la musique, pourquoi ce choix ?

C’est un thème qui s’est imposé à nous quand il a fallu trouver un sujet d’exposition avec l’équipe du musée. La bibliothèque Abbaye-les-Bains possède un ADN musical : scènes ouvertes, prêt d’instruments, blindtest et concerts avec nos partenaires locaux... La musique a une place à part dans ce lieu.
Nos partenaires souhaitaient aussi un thème vivant, frais et stimulant. Quoi de mieux que la musique pour susciter l’enthousiasme ! Et puis, c’est une belle porte d’entrée pour découvrir la peinture et l’art plus généralement.

Vous accueillez le musée dans vos murs, qu’est-ce que cela représente pour vous et les habitants du quartier ?

Une bibliothèque est un lieu de découverte, de convivialité et de partage. Monter et accueillir une exposition, c’est le prouver une nouvelle fois. Au côté des livres, revues et CD, les peintures et sculptures apportent une nouvelle dimension sensorielle et intellectuelle, une autre porte d’entrée vers la culture. On est heureux de pouvoir offrir à nos publics cette proposition. D’ailleurs, à l’annonce de l’exposition, ils se sont montrés emballés. J’ai eu la chance de participer au hors-les-murs de la bibliothèque Teisseire en 2013 qui a beaucoup marqué les habitants du quartier. Certains ont découvert les lieux pour la première fois, ça participe sûrement à un changement de regard sur la bibliothèque et le musée. J’espère que cette nouvelle édition à l’Abbaye aura le même impact !