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Giorgio Morandi. La collection Magnani-Rocca

Le musée de Grenoble présente cet hiver une exposition consacrée au grand peintre – et graveur – italien Giorgio Morandi (1890-1964).

Connu avant tout pour ses natures mortes dépouillées et énigmatiques, pour son attachement viscéral à sa ville natale, Bologne, et pour sa vie monacale entièrement dédiée à l’exercice de son art, Morandi s’est imposé ces dernières décennies comme un artiste majeur du XXe siècle.

C’est à travers le regard de l’un de ses collectionneurs, Luigi Magnani, que cette exposition se propose d’aborder l’univers du maître bolonais. Grâce au prêt généreux consenti par la Fondation Magnani-Rocca de 50 oeuvres de l’artiste, complété par celles conservées dans les musées français, le parcours se veut avant tout une introduction intimiste à l’univers de Morandi.


Une exposition en partenariat avec la Fondazione Magnani-Rocca.

Les débuts de l'artiste italien

Nature morte métaphysique, 1918Voir l'image en grand Nature morte métaphysique, 1918 Mamiano di Traversetolo (Parme), Fondazione Magnani-Rocca ©ADAGP, Paris 2020Dans cet ensemble on relève notamment une rare Nature morte métaphysique de 1918. Morandi, entre 1918 et 1920, en a peint une douzaine à peine, avant de se tourner vers d’autres horizons. Néanmoins, cette courte période durant laquelle il emprunte à Giorgio de Chirico et Carlo Carrà le vocabulaire de la Metafisica fut déterminante dans la conception de son style et la conceptualisation de sa recherche. Même si ensuite, l’influence de Cézanne et la méditation sur les modèles de Giotto et de Piero della Francesca furent des références constantes, l’épisode métaphysique demeure fondateur et éclairant.

Des oeuvres majeures

À l’instar de ce tableau, on trouve aussi d’autres raretés, comme la fameuse Nature morte aux instruments de musique de 1941, unique peinture dont le sujet lui fut imposé, ce qui n’alla pas sans susciter un quiproquo avec le commanditaire, Luigi Magnani, mais contribua finalement à sceller leur amitié. Ou encore la présence de l’un de ses cinq autoportraits, tous réalisés entre 1924 et 1930 et seules tentatives du peintre dans ce genre. On remarque également, en dehors d’une très belle sélection de natures mortes qui permet de suivre au fil des décennies la complexité de sa réflexion sur ce thème, quelques paysages étonnants, dont le célèbre Cortile di via Fondazza, où habitait l’artiste avec sa mère et ses trois soeurs et qu’il s’est plu à peindre régulièrement, de même que des vues de Grizzana, dans les Apennins, où il passait ses vacances d’été.

Autoportrait ; Nature morte ; Cour de la rue FondazzaVoir l'image en grand Autoportrait, 1925 ; Nature morte, 1948 ; Cour de la rue Fondazza, 1954 Mamiano di Traversetolo (Parme), Fondazione Magnani-Rocca ©ADAGP, Paris 2020

Un artiste graveur

Un nombre important d’eaux fortes, complété de quelques dessins et de merveilleuses aquarelles, illustre enfin l’oeuvre graphique et montre plus particulièrement combien Morandi fut un maître de la gravure, un art qu’il enseigna au demeurant durant plusieurs décennies à l’Académie des Beaux-Arts de Bologne.

En définitive, cette exposition, qui se veut avant tout une introduction intimiste à l’univers de Morandi, et qui n’a pas l’ambition d’être une rétrospective, permet, grâce à une sélection d’une grande qualité et d’une belle diversité, d’illustrer toutes les facettes de la recherche du peintre : une recherche placée sous le signe de Cézanne, entièrement tournée vers la résolution du mystère des apparences dans une quête solitaire et obstinée de la « vérité en peinture ».