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Si dans de nombreux cas la restauration des œuvres s'avère indispensable, leur conservation est un souci constant. Dans ce domaine la conservation préventive joue un rôle majeur, elle consiste à connaître et à maitriser l'ensemble des facteurs environnementaux : climat, lumière, pollution et infestation qui agissent en permanence sur les collections, même si leur action n'est pas visible.
Installé dans un bâtiment neuf le musée de Grenoble dispose d'un outil adapté pour la conservation des biens. Des précautions sont néanmoins à prendre, afin d'éviter, par exemple, les infestations d'insectes. Ainsi, chaque fois qu'une œuvre ou un objet (constitué de bois et de textile) entre dans l'établissement, il est traité par anoxie. Ce traitement inoffensif consiste à priver l'objet d'oxygène afin de détruire les insectes ou les larves qui pourraient s'y trouver et d'éviter ainsi une contamination des œuvres voisines.
Lorsque le musée prête une œuvre, celle-ci est soigneusement examinée et si nécessaire restaurée. Pour les peintures, avant leur départ les toiles sont souvent munies d'une protection arrière qui fait écran aux chocs mécaniques et aux variations climatiques. Ce travail est réalisé par un restaurateur qui, à cette occasion, procède au dépoussiérage de l'œuvre. En 2011, neuf peintures, anciennes et modernes, ont ainsi bénéficié de la pose de protections.
Chaque année le musée élabore un programme de restauration en fonction de l'état des œuvres et de leur présentation, programme soumis à la commission scientifique régionale de conservation et restauration. En 2011 plusieurs œuvres ont été restaurées en vue de leur présentation dans une exposition.
Ce fut le cas pour la peinture de Marc Chagall, Le Marchand de bestiaux (1912-1923) et pour la sculpture de Guéorgui et Vladimir Stenberg Appareillage spatial KPSA (1919-1973) qui ont figuré dans l'exposition Chagall et l'avant-garde russe du 5 mars au 13 juin. La peinture présentait des craquelures et des lacunes de la couche picturale. Une intervention de refixage à l'aide d'un adhésif a permis de consolider ces zones fragiles. La sculpture qui se compose de deux éléments, l'un en acier, l'autre en bois peint a nécessité la présence de deux restaurateurs.
Toujours en vue d'une présentation mais cette fois-ci au sein de la collection, le tableau de Kees Van Dongen, Portrait de Billy (1920) a été restauré. Cette œuvre de grande qualité acquise par l'état, en dation, est affectée en dépôt en 2009, au musée de Grenoble. Le vernis était encrassé et jauni ce qui nuisait à la bonne lisibilité de l'œuvre. Avant de l'exposer au public une intervention d'allégement du vernis s'imposait.
Pendant quelque temps le tableau de Nicolas de Staël, Sicile (1954) a été retiré des salles en raison de la fragilité de la couche picturale qui présentait des ruptures et des soulèvements. Les accidents concernaient essentiellement les jaunes : ils provenaient de la faible quantité de liant (gras) dans la matière picturale ce qui la rendait très friable. A l'issue d'une opération de consolidation et de refixage, complétée par l'harmonisation des accidents, la décision a été prise de placer cette peinture dans un caisson climatique, ce dernier assure la protection physique de l'œuvre et la régulation des variations du climat.
Le Portrait de Louise Riesener (1886) peint en 1886 par Henri Fantin-Latour, figure parmi les plus beaux tableaux de l'artiste exposés au musée. Les bords de cette toile sont très fragiles en raison de la finesse de la couche picturale qui présentaient de petits soulèvements. Lees restaurateurs ont procédé à un refixage.
Le musée possède trois sculptures d'Emile Gilioli dont la Tête siennoise (1960), en laiton poli. La présence d'empreintes de doigts sur cette surface lisse et brillante altérait la perception de l'œuvre. Le musée a fait appel à un restaurateur de métaux pour dissoudre ces corrosions et ainsi redonner tout son éclat à cette œuvre.
Pour la première fois depuis son entrée dans les collections en 1923, le tableau de Paul Gauguin Portrait de Madeleine Bernard (1888), peint sur ses deux faces, a été exposé de telle sorte que la face cachée intitulée La Rivière blanche soit montrée. Cette présentation exigeait un montage particulier car le portrait se présente dans un format vertical tandis que le paysage est dans un format horizontal. A cette occasion différents travaux ont été conduits autour de ce chef-d'œuvre : recherche sur son histoire, examens en laboratoire, restauration et confection d'un cadre adapté. La face jusque là cachée qui représente La Rivière blanche est par endroits lacunaire en raison des vicissitudes qu'à connu le tableau au cours de son histoire. Après un nettoyage et un refixage, une retouche avec des produits stables et réversibles a permis d'atténuer ces zones lacunaires.