Musée de Grenoble

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Restaurations

Restaurer pour mieux conserver

Si dans de nombreux cas la restauration des œuvres s'avère indispensable, leur conservation est un souci constant. Dans ce domaine la conservation préventive joue un rôle majeur, elle consiste à connaître et à maitriser l'ensemble des facteurs environnementaux : climat, lumière, pollution et infestation qui agissent en permanence sur les collections, même si leur action n'est pas visible.

Installé dans un bâtiment neuf le musée de Grenoble dispose d'un outil adapté pour la conservation des biens. Des précautions sont néanmoins à prendre, afin d'éviter, par exemple, les infestations d'insectes. Ainsi, chaque fois qu'une œuvre ou un objet (constitué de bois et de textile) entre dans l'établissement, il est traité par anoxie. Ce traitement inoffensif consiste à priver l'objet d'oxygène afin de détruire les insectes ou les larves qui pourraient s'y trouver et d'éviter ainsi une contamination des œuvres voisines.

Lorsque le musée prête une œuvre, celle-ci est soigneusement examinée et si nécessaire restaurée. Pour les peintures, avant leur départ les toiles sont souvent munies d'une protection arrière qui fait écran aux chocs mécaniques et aux variations climatiques. Ce travail est réalisé par un restaurateur qui, à cette occasion, procède au dépoussiérage de l'œuvre. En 2012, dix-huit peintures, anciennes et modernes, ont ainsi bénéficié de la pose de protections.


Dernières restaurations 2012

Au cours de ces derniers mois plusieurs œuvres du musée ont bénéficié d'interventions spécifiques, réalisées par des restaurateurs, pour améliorer leur état de conservation et accroitre leur protection.

La restauration de peintures anciennes

En 2012 divers chantiers ont été menés dans ce secteur. Deux panneaux de Bernardo Zenale, Saint Jean-Baptiste et Saint Victor (1490-1495), qui illustrent l'avènement de la Renaissance ainsi que deux tableaux de Francesco Albani Jésus-Christ servi par les anges et Le Repos de la Sainte Famille (1630-1660), typiques de la manière raffinée de l'artiste de rendre les détails, ont été restaurés. Ces quatre peintures sont exposées de façon permanente dans les salles de la collection italienne. Peintes sur support rigide (bois et cuivre), ces tableaux présentaient des soulèvements qui ont été refixés.
Le musée de Grenoble a apporté son concours au musée Stendhal à Grenoble qui a ouvert ses portes en septembre 2012, à l'occasion des journées du patrimoine. Les œuvres sélectionnées pour l'exposition inaugurale L'Echappée Beyle – sur les pas de Stendhal en Italie font références à des artistes, à des thèmes ou à des modes de représentation chers à l'écrivain. Parmi ces œuvres, choisies au sein de l'école italienne et conservées dans les réserves, quatre d'entre-elles nécessitaient l'intervention d'un restaurateur. Malgré leur bonne conservation il convenait d'améliorer leur état de présentation. Ces opérations comportaient un dépoussiérage, un décrassage, une réintégration des petites lacunes et des retouches désaccordées. Ces tableaux sont munis de cadres en bois doré qui à leur tour ont été décrassés puis, suivant le type de moulures et d'accidents, ont fait l'objet de refixages, de comblements ou de réintégrations.
Le tableau de grandes dimensions L'adoration des bergers de Jacob Jordaens, une des œuvres maîtresses de la collection de peinture flamande de la première moitié du XVIIe siècle, figurera dans l'exposition consacrée à cet artiste au Petit Palais, à Paris, en 2013. Au préalable une intervention de restauration s'avérait indispensable en raison de la présence de soulèvements de la couche picturale mais aussi pour harmoniser d'anciennes retouches qui ont viré.

La protection des œuvres

Comme chaque année, en 2012 le musée de Grenoble a prêté des œuvres en tenant compte de leur état de conservation mais aussi des risques encourus lors des manutentions et des transports. En prévention de ces risques, des protections ont été aménagées sur plusieurs peintures avant leur prêt à des expositions de renom. Il s'agit de fixer une protection au revers de la toile. Ce dos protecteur rigide en polycarbonate est posé sur des mousses amortissantes placées entre les montants du châssis.

Parmi ces toiles anciennes qui ont été munies de ces protections citons :
Alfred Bellet du Poisat, Les trois bohémiens, 1857
Canaletto, L'entrée du grand Canal, avec Santa Maria della Salute et le canal de la Giudecca, 1792
Nicolas Colombel, Saint Dominique présente au Christ les saints de l'ordre dominicain, 1687-88
Noël Coypel, Néron au milieu d'un festin ordonnant la mort d'Agrippine et Cyrus interrogeant le roi d'Arménie, 1700-1702
Gustave Doré, Lac en Ecosse, 1875-78
Francesco Guardi, Le Doge de Venise porté par les gondoliers, 1763
Jacob Jordaens, Le Sommeil d'Antiope, 1650
Paulus Moreelse, Jeune bergère, 1622-35
Matthias Stomer, Le repas d'Emmaüs, 1620-40
Bernardo Strozzi, Le Christ à Emmaüs, 1630-1640

Ces trois derniers tableaux ont été prêtés à l'exposition Caravage et le caravagisme européen qui s'est déroulée, en parallèle, aux musées de Montpellier et de Toulouse durant l'été  2012.
A leur tour des peintures du XXe siècle ont bénéficié de soins particuliers avant leur départ en vue de figurer dans des expositions. Ainsi les toiles de Pierre Bonnard, Intérieur blanc, 1932, Henri Matisse, Les tapis rouges, 1906, Paul Signac, Sentier de douane, 1905 et Maurice de Vlaminck, Chatou, 1907 ont-elles aussi été munies de protections arrières.
Avant d'en accorder le prêt un examen attentif de ces œuvres a permis de déceler des détériorations qui affectaient les cadres et d'y remédier. Ainsi les cadres en bois doré des tableaux de Colombel, Coypel et Guardi ont été restaurés par un encadreur doreur qui a opéré des refixages, des comblements de lacunes et des reprises de dorure.