Le royaume de France stabilisé a fait de Paris une capitale artistique de l'Europe. L'Assomption de la Vierge de Philippe de Champaigne ou L'Apparition du Christ aux pélerins d'Emmaüs de Laurent de La Hyre montrent l'excellence de ces maîtres fondateurs de l'Académie Royale de Peinture et de Sculpture en 1648. Paysage pastoral, vue imaginaire et parfaitement classique de la campagne romaine de Claude Lorrain ou dans un tout autre registre, Saint Jérôme pénitent de Georges de La Tour, avec sa vision réappropriée du caravagisme, révèlent l'influence de l'Italie.

La peinture italienne, très bien représentée dans les collections, s'offre aux visiteurs pour ce siècle avec des œuvres puisant aux sources des écoles bolognaise, romaine ou napolitaine : Dieu réprimandant Adam et Eve du Dominiquin ou Le martyre de Saint Pierre de Mattia Preti.

Dans le Nord de l'Europe, les Pays-Bas, séparés par les conflits religieux de la fin du XVIe siècle, abordent des thèmes différents dans la peinture. Le Siècle d'Or des Flandres consacre la victoire de la Contre-Réforme, le renforcement de la foi, de l'autorité papale et le culte des saints que Saint Grégoire pape entouré de saints de Pierre-Paul Rubens, œuvre majeure du musée, illustre parfaitement. La peinture hollandaise, influencée par l'avènement du protestantisme et la montée de l'iconoclasme, diversifie ses thèmes en se tournant davantage vers le monde profane et sensible des scènes de genre, des portraits, des natures mortes et des paysages. Elle n'exclut cependant pas les thèmes religieux comme le Repas d'Emmaüs de Matthias Stomer.

Si l'Espagne est riche de grands peintres et si les musées français conservent peu d'œuvres espagnoles du XVIIe siècle, le musée de Grenoble a l'immense privilège de compter dans ses collections quatre chefs-d'œuvre de Zurbaràn illustrant le cycle de la naissance du Christ.