Musée de Grenoble

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Parc de sculptures

L'esplanade François-Mitterrand et le parc Albert-Michallon accueillent dans un site exceptionnel un ensemble de quinze sculptures, prolongement en plein air des salles du musée consacrées à l'art du XXe siècle. Depuis 1988, le parc de sculptures s'est, en effet, progressivement développé dans cet espace de 16.000 m², magnifiquement planté de grands arbres et d'espèces rares intégrant aussi les vestiges de l'un des murs d'enceinte de la ville.

Expression contemporaine des jardins de sculptures nés au XVIe siècle, le parc de sculptures du musée constitue, grâce aux œuvres qui y sont implantées et la richesse de sa végétation, le lieu privilégié d'une  rencontre entre l'art et la nature.

Mark Di Suvero

Etoile polaire, 1972-73

Né en Chine de parents italiens, Mark Di Suvero arrive en Californie en 1941 puis s'installe à New York en 1957 après avoir suivi des cours à l'Université de Santa Barbara pendant quatre années. Après ses premières créations réalisées à partir  de débris de bois et des objets de récupération, Di Suvero s'oriente très rapidement vers des structures en acier et travaille souvent dans des casses, des parkings, des aciéries ou en plein air. En désaccord avec la politique de son pays durant la guerre du Vietnam, il crée La Tour de la Paix à Los Angeles . Puis il quitte, en 1971, les Etats-Unis pour l'Europe, notamment la France où il installe dès 1973, à Chalon-sur-Saône, son premier atelier.
C'est dans cette ville qu'il conçoit et fait exécuter Etoile polaire, ainsi que cinq autres sculptures créées pour l'espace urbain.
Cette œuvre gigantesque, d'abord placée dans le quartier Malherbe à Grenoble en 1977, est installée depuis le début des années 1990  sur l'esplanade FrançoisMitterrand devant le Musée.
Pesant 15 tonnes, mesurant 23 mètres de hauteur et plus de 18 mètres d'envergure, Etoile polaire affirme son autonomie comme une véritable écriture dans l'espace. L'énergie, la tension et l'apparente "légèreté" des formes entrent en opposition avec la lourde matérialité des IPN, poutres métalliques industrielles qui la constituent.
Le dépouillement formel de l'œuvre permet d'appréhender des relations spatiales changeantes selon le point où se situe le spectateur : Etoile polaire est pleine d'un espace qu'elle occupe elle-même. Les trois poutres obliques qui se réunissent en une sorte de nœud semblent puiser dans l'espace qu'elles enserrent une énergie directement transmise à la poutre verticale lancée vers le ciel. Le jeu des câbles, auxquels l'artiste a recours dans ses sculptures monumentales, donne à l'assemblage une grande cohésion et matérialise l'extrême tension supposée entre les axes de la structure. Le tracé ténu des filins, en opposition à la forte présence des poutres d'acier, joue le rôle de lien visuel et raccorde les différents points de la pièce entre eux.
La simplicité formelle de l'œuvre comme un écho à l'architecture du musée, le jeu d'ombres au sol et sur les parois du bâtiment, l'économie du système, font deEtoile polaire un repère dans la ville, indissociable du musée.

Mark Di Suvero

(Né à Shanghai en 1933)

Etoile polaire, 1972-73

Acier peint en noir

H. : 23 m – Envergure : 18 m

Dépôt de l'Etat en 1977

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