Musée de Grenoble

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Parc de sculptures

L'esplanade François-Mitterrand et le parc Albert-Michallon accueillent dans un site exceptionnel un ensemble de quinze sculptures, prolongement en plein air des salles du musée consacrées à l'art du XXe siècle. Depuis 1988, le parc de sculptures s'est, en effet, progressivement développé dans cet espace de 16.000 m², magnifiquement planté de grands arbres et d'espèces rares intégrant aussi les vestiges de l'un des murs d'enceinte de la ville.

Expression contemporaine des jardins de sculptures nés au XVIe siècle, le parc de sculptures du musée constitue, grâce aux œuvres qui y sont implantées et la richesse de sa végétation, le lieu privilégié d'une rencontre entre l'art et la nature.

Eduardo CHILLIDA

Zuhaitz, 1989

Après des études d'architecture abandonnées en 1947, Chillida se rend à Paris et se consacre au dessin et à la sculpture. Dès 1951, son travail évolue vers l'abstraction dans des compositions qui associent le vide et la matière. Le bois, la pierre, le béton, et particulièrement les métaux sont ses matériaux privilégiés. L'oeuvre publique d'Eduardo Chillida est importante : ses sculptures, réparties dans de nombreux pays, sont érigées en harmonie avec leur environnement, prenant tout leur sens en fonction de leur situation. Zuhaitz (arbre en basque espagnol) fut réalisé spécialement pour le parc Albert Michallon, à l'occasion de l'anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Le caractère engagé de l'artiste pour la paix et le rapprochement des peuples se lit dans la phrase gravée sur le "tronc" de cet arbre d'acier à quatre branches. "Né parmi les arbres, cet arbre de fer annonce que nous, les hommes, avons la même origine. Il exige la fraternité". Outre la symbolique des branches issues d'une même base, le rapport direct entre la sculpture et son environnement arboré est limpide.
Paroles de l'artiste sur l'oeuvre : "Ce que je veux expliquer là, à travers cet arbre à quatre branches, c'est que ces quatre branches appartiennent à un même tronc, mais ce n'est pas seulement ça. Curieusement, de la façon dont je les ai partagées, elles ont un centre au coeur, un point commun, un point de communication. Ce fait physique et spatial touche un problème que je vise en faisant l'oeuvre : montrer que nous avons une origine commune, et une obligation de fraternité. Entre les hommes, il existe toutes les variétés, les nuances, les différences. Nous sommes comme les vagues de la mer qui sont toutes différentes mais qui ont toutes la même origine. C'est un peu dans cet esprit là que j'ai travaillé." "Je prends une gueuse d'acier qui fait 85 x 85 cm de section et je ne sais combien de mètres de long. je coupe en croix sur la section jusqu'à un mètre quatre-vingts du sol. Une fois la pièce forgée et coupée, je la chauffe au niveau de cette croix et j'ouvre avec la grue les quatre bras, deux s'ouvrent complètement, un autre est rabattu de côté et l'autre enfin les croise par-dessus. Bien, une fois l'opération menée jusqu'où je voulais, j'élague ces branches pour arriver à la forme que je souhaitais leur donner."

Eduardo CHILLIDA

(Saint-Sébastien, 1924 - Saint-Sébastien, 2002)

Zuhaitz, 1989

Acier corten

292 x 180 cm

Achat à l'artiste en 1989

© Zabalaga-Leku / Adagp, Paris

© Musée de Grenoble