Musée de Grenoble

Le musée de Grenoble a réuni au cours de son histoire une importante collection d’antiquités qui compte environ quatre cents pièces venues d’Égypte auxquelles il faut ajouter des objets en bronze, en céramique et en pierre d’origine grecque et romaine pour la plupart. Fruit de dons successifs, au XIXe et au début du XXe siècle, cet ensemble est révélateur de l’érudition, de la passion et de la générosité de nombreux Dauphinois qui enrichirent le fonds de la bibliothèque municipale. En effet, ce n’est qu’à partir de 1916, à l’arrivée de la plus importante de ces donations, celle des antiquités égyptiennes du comte Louis de Saint-Ferriol, que le musée prit en charge l’ensemble des antiquités appartenant à la ville.



Egypte

Fragment de paroi conservant l'image d'une déesse offrant le signe de vie au roi

Ce remarquable fragment de grès rapporté en 1842 par le comte de Saint-Ferriol est issu du temple haut de Karnak nord. La scène privilégie la communion du roi avec son dieu. Dans un geste à la fois élégant et protecteur, une déesse (Mout ou Rattaouy?) donne le signe de vie à Nectanebo II (360-343 av. J.-C.). Celui-ci fut le dernier des rois indigènes. Grand bâtisseur, il ne cessa également de lutter contre l'envahisseur perse. Son règne marque la XXXe dynastie, dernière période de l'indépendance de l'Égypte s’étendant de 380 à 343 av. J.-C..

Nectanebo II porte les attributs royaux : la couronne double de la haute et basse Egypte ainsi qu'un pagne de lin dont la ceinture retient la queue de taureau, garante de force, de virilité et de fécondité. Une robe longue droite moule avec grâce le corps de cette déesse non identifiée de façon certaine. Sa coiffe surmontée d'un vautour est en effet endommagée. Au modelé délicat des volumes travaillés en relief levé s'ajoutait le raffinement des couleurs réalisées à partir de pigments minéraux. De celles-ci ne subsistent que quelques traces de rouge qui témoignent d'un travail d'équipe alliant sculpture et peinture. L'amollissement imperceptible des corps, l'apparition du sourire aux commissures des lèvres sont autant d'éléments qui contribuent à donner une touche nouvelle de réalisme. Seule, la représentation des corps associant faces et profils reste immuable, tant elle semble apte à définir l'homme et sa permanence dans l'univers.

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Egypte

Fragment de paroi conservant l'image d'une déesse offrant le signe de vie au roi

Grès jaune

79 x 166 x 11,2 cm

Don de Gabriel de Saint-Ferriol. Ancienne collection du comte Louis de Saint-Ferriol en 1916

Domaine public

© Musée de Grenoble