Musée de Grenoble

Les 20 ans

De l'académisme persistant à l'impressionnisme en passant par le romantisme et le réalisme, la collection XIXe du musée est représentative de toutes les tendances de ce siècle. Grands et petits formats se partagent l'espace de neuf salles dont deux sont dédiées à la sculpture, bénéficiant  d'un éclairage latéral qui met en valeur les volumes. 



INGRES, Tête de la Grande Odalisque, 1814

Baron François GÉRARD

Flore caressée par Zéphyr, 1802

Après une enfance passée à Rome, François Gérard est à Paris en 1782 où il étudie le dessin et la peinture. Au salon de 1785, il découvre avec enthousiasme Le Serment des Horaces et entre dans l'atelier de David l'année suivante. À peine dix ans plus tard, il connaît le succès, devenant l'un des grands portraitistes de son temps. Gérard est aussi peintre d'histoire lorsqu'il représente, pour la gloire de l'Empereur, la victoire d'Austerlitz au plafond d'un salon des Tuileries. 

Flore caressée par Zéphyr appartient au registre des grandes décorations réalisées dans les résidences privées. En 1797, Gérard, ainsi que cinq autres artistes dont Girodet, peignent chacun un panneau pour orner le salon de l’hôtel particulier de M. Gaudin à Paris, rue du Mont-Blanc, et dont l’architecture intérieure a été confiée à Charles Percier. L’ensemble représente des thèmes mythologiques gracieux, voire érotiques, où les fleurs sont un élément décoratif dominant.

Gérard peint cette Flore qui, immatérielle et diaphane, marche à la surface du globe terrestre, entourée d'une multitude de fleurs aux tons pastels et nacrés qu'elle sème sur son passage, au gré du vent. La souplesse de la ligne, les couleurs aux tonalités retenues, et plus encore les cheveux bouclés et ébouriffés, les yeux mi-clos et le sourire extatique disent sa jouissance sous la caresse du Vent.

Gérard réalise en 1799 une petite réplique autographe de ce tableau, dans laquelle Flore est montrée non plus sur la Terre mais dans un décor de paysage bucolique.

Baron François GÉRARD

(Rome, 1770 - Paris, 1837)

Flore caressée par Zéphyr, 1802

Huile sur toile

169 x 105 cm

Don de Léon de Beylié en 1900

Domaine public

© Musée de Grenoble