Musée de Grenoble

Le musée de Grenoble a réuni au cours de son histoire une importante collection d’antiquités qui compte environ quatre cents pièces venues d’Égypte auxquelles il faut ajouter des objets en bronze, en céramique et en pierre d’origine grecque et romaine pour la plupart. Fruit de dons successifs, au XIXe et au début du XXe siècle, cet ensemble est révélateur de l’érudition, de la passion et de la générosité de nombreux Dauphinois qui enrichirent le fonds de la bibliothèque municipale. En effet, ce n’est qu’à partir de 1916, à l’arrivée de la plus importante de ces donations, celle des antiquités égyptiennes du comte Louis de Saint-Ferriol, que le musée prit en charge l’ensemble des antiquités appartenant à la ville.

En raison de l'exposition Servir les dieux d'Egypte, les salles d'antiquités sont fermées au public. Veuillez nous excuser pour la gêne occasionnée.

Egypte

Masque-plastron de femme, Fin IIe – IIIe siècle ap. J.-C.

À l’époque romaine, une évolution se produit dans le mobilier funéraire : les masques pharaoniques traditionnels sont remplacés par de nouveaux masques présentant une image plus réaliste, mais encore idéalisée, du défunt.

Souvent produits en série, ils étaient moulés en plusieurs parties, la chevelure et les ornements étant plaqués sur le corps. La polychromie permettait ensuite d’individualiser les personnages.

Ces masques étaient posés sur la momie et maintenus par des bandelettes. Très expressifs, ils devaient donner une impression de vie exprimée ici par la position de la tête surélevée, comme si la femme voulait se redresser, et par les yeux incrustés d’émail et soulignés par un trait noir.

Elle porte une tenue élaborée. Elle est vêtue d’une tunique bleu clair à bandes et d’un manteau vert-sombre. Ses cheveux sont partagés en une raie médiane et rabattus en huit tresses de chaque côté, rassemblées en chignon. Elle porte divers ornements : des boucles d’oreilles, un collier à double rang de perles vertes sur tige d’or, un bracelet torsadé au poignet droit et trois bagues dont un anneau simple et deux bagues à chatons.

Elle tient dans la main droite, sous sa poitrine, une guirlande de fleurs formant une boucle dont la forme rappelle celle du signe hiéroglyphique-ankh, le symbole de vie, mettant encore une fois l’accent sur la résurrection de la défunte.

Ce masque, qui a conservé une grande partie de sa polychromie et dont les couleurs ont gardé leur fraîcheur, montre l’opulence des costumes de l’époque. Il est aussi un excellent témoignage de l’évolution des pratiques funéraires de cette période mêlant des éléments d’origine gréco-romaine aux éléments traditionnels égyptiens.

Egypte

Masque-plastron de femme, Fin IIe – IIIe siècle ap. J.-C.

Plâtre peint

H. 29,5 cm ; L. 59 cm ; l. du socle 26,8 cm.

Don de Léon de Beylié en 1900

Domaine public

Crédit photographique : Ville de Grenoble/Musée de Grenoble - Jean-Luc Lacroix