Musée de Grenoble

Les 20 ans

De l'académisme persistant à l'impressionnisme en passant par le romantisme et le réalisme, la collection XIXe du musée est représentative de toutes les tendances de ce siècle. Grands et petits formats se partagent l'espace de neuf salles dont deux sont dédiées à la sculpture, bénéficiant  d'un éclairage latéral qui met en valeur les volumes. 



INGRES, Tête de la Grande Odalisque, 1814

Jean Auguste Dominique INGRES

Tête de la Grande Odalisque, 1814

En 1797, Ingres entre dans l’atelier de David. Ses premières œuvres sont essentiellement des portraits dont la critique n’apprécie guère le genre « sec et découpé ». Peu à peu, tout au long de sa vie partagée entre Paris et Rome, Ingres s’impose avec des nus au modelé délicat, de grandes compositions historiques ou littéraires et des portraits dans lesquels le sens de la ligne atteint son apogée. L’artiste privilégie les formes au moyen du dessin qui, dans la Tête d’Odalisque met en évidence son intérêt pour la courbe et la contre-courbe.

Au Salon de 1819, La Grande Odalisque provoque un scandale : elle déroute par le dessin arbitraire de son corps, le manque de consistance de ses chairs, l’aspect plat de son modelé et l’élongation de ses proportions. Ingres reprend néanmoins plusieurs fois ce sujet en format réduit ou en ne représentant que la tête sur une toile circulaire. Cette œuvre est peinte dans un cercle inscrit dans le carré de la toile, le cadre circulaire recouvrant les débordements du support.

L'artiste s’attache au rendu des carnations, de l’étoffe et des bijoux à l’aide d’une palette où dominent les beiges-rosés délicats. La touche fine et minutieuse rappelle son admiration pour les peintres de la Renaissance, particulièrement Raphaël. Les traits impassibles du visage, vu de trois-quarts, sont fortement éclairés, la partie droite demeurant plongée dans l'obscurité. La coiffe enturbannée du modèle et la présence des perles confèrent à ce tableau une note d'orientalisme discret.

Jean Auguste Dominique INGRES

(Montauban, 1780 - Paris, 1867)

Tête de la Grande Odalisque, 1814

Huile sur toile

33 x 33,5 cm

Don de Pierre et Elisabeth Cartier au Musée du Louvre en 1938 Depôt au musée de Grenoble en 1976

Domaine public

© Musée de Grenoble