Georges de LA TOUR

Saint Jérôme pénitent dit aussi Saint Jérôme à l'auréole

Renommé en son temps puis totalement oublié, Georges de La Tour a retrouvé, grâce à des recherches et à des expositions, une place éminente dans la peinture française du XVIIe siècle. Ses scènes de genre et ses tableaux religieux sont empreints d'une inspiration caravagesque entièrement réappropriée. 

Provenant de l'église abbatiale de Saint-Antoine en Viennois, ce Saint Jérôme est un remarquable chef-d'œuvre de la collection. La figure monumentale du saint abîmé en méditation semble se plier au format de la toile, contenue dans un espace presque trop étroit. Sur un fond nu et sombre se détache la silhouette du vieillard, offrant aux regards ses chairs usées et la faiblesse de sa condition humaine. La construction du corps par grandes obliques accentue le caractère architectural et monumental de la figure que l'éclairage latéral vient souligner. L'aspect monochrome du décor met en valeur la tonalité beige ocrée de la peau et le rouge retenu du drapé. La matière fine et maigre de l'ensemble s'épaissit en coups de brosse d'une grande virtuosité dans les poils de la barbe et les cheveux du saint. La Bible ouverte, dont Jérôme fut l'un des premiers traducteurs, la corde de pénitence maculée de sang, le crâne des vanités et le crucifix tenu fermement sont autant d'éléments qui viennent renforcer la haute spiritualité de la scène. Comme pour la plupart de ses œuvres volontiers répétées en plusieurs versions, un autre Saint Jérôme moins austère est conservé au National Museum de Stockholm. 

Georges de LA TOUR

(Vic-Sur-Seille, 1593 - Lunéville, 1652)

Saint Jérôme pénitent dit aussi Saint Jérôme à l'auréole

Huile sur toile

157 x 100 cm

Saisie de l'Etat Inventorié en 1797

Domaine public

© Musée de Grenoble