Domenico ZAMPIERI dit LE DOMINIQUIN

Dieu réprimandant Adam et Eve, vers 1623 - 1625

Peinte sur une plaque de cuivre de grandes dimensions, cette évocation du Paradis terrestre à l’instant du pêché originel appartenait à la collection de Louis XIV en 1693. L'action y est représentée de façon théâtrale : à l'attitude accusatrice et confuse d'Adam correspond le trouble honteux de sa compagne qui désigne le fautif ; en réponse à la curiosité enfantine d'un ange, son compagnon exprime un geste de retenue et de discrétion. Ainsi se succèdent le serpent, Eve, Adam et Dieu le Père selon un crescendo oblique et dramatique éloquent depuis le coin inférieur gauche. Le peintre a emprunté à Michel-Ange le groupe de Dieu le Père entouré de chérubins, peint pour la création d’Adam sur la voûte de la chapelle Sixtine. Le geste diffère, l'index créateur est devenu ici un instrument de réprobation. Cette citation constitue un hommage appuyé au génie de la Renaissance. La délicatesse du rendu des carnations et la qualité du modelé apparentent cependant la pratique de l'artiste au style des peintres nordiques. Le décor très dépouillé du premier plan est complété par la présence d’un agneau aux côtés d’un lion et d’un cheval. La scène s’ouvre sur un paysage peuplé d’animaux peints avec une finesse de miniaturiste. Des harmonies de couleurs froides finement nuancées suggèrent la sensation de lointains vaporeux. Peu d’artistes au XVIIe siècle ont su allier comme Le Dominiquin une telle perfection du dessin héritée de la Renaissance avec une maîtrise achevée de l’art du coloris.

Domenico ZAMPIERI dit LE DOMINIQUIN

(Bologne, 1581 - Naples, 1641)

Dieu réprimandant Adam et Eve, vers 1623 - 1625

Huile sur cuivre

95 x 75 cm

Acquis en 1892

Domaine public

© Musée de Grenoble