Musée de Grenoble

Les 20 ans

De l'académisme persistant à l'impressionnisme en passant par le romantisme et le réalisme, la collection XIXe du musée est représentative de toutes les tendances de ce siècle. Grands et petits formats se partagent l'espace de neuf salles dont deux sont dédiées à la sculpture, bénéficiant d'un éclairage latéral qui met en valeur les volumes.



INGRES, Tête de la Grande Odalisque, 1814

Claude MONET

Coin de l'étang à Giverny, 1917

En 1883, Claude Monet s'installe à Giverny, petit village du Val de Seine désormais bien connu. Il y crée un jardin foisonnant de fleurs dont les harmonies colorées lui inspireront de nombreuses peintures. Véritable atelier de plein air, ce jardin s'agrandit en 1893 d'une nouvelle parcelle. Le passage de l'Epte à proximité permet à Monet de construire le fameux étang des Nymphéas. Le peintre cultive avec un soin d'horticulteur son jardin d'eau, installant diverses variétés de plantes aquatiques, nénuphars, roseaux, iris, dont les mélanges sont longuement médités. L'artiste se concentre de plus en plus sur ce bassin et la végétation qui l'entoure. Il passe sur son bord de longues heures, à divers moments de la journée, saisissant les variations infinies de la lumière sur l'eau.

L'œuvre du musée appartient à une série de quatre tableaux, consacrés à la rive nord-est de l'étang. Ici, le ciel n'a plus de place et le motif envahit l'ensemble de la toile. L'arrière-plan est occupé par un rideau de saules pleureurs qui ferme l'espace comme une tapisserie. Des rosiers grimpants éclairent la gauche de la toile tandis que les arbres se réfléchissent sur l'eau transparente. La courbe du rivage enserre l'étang et ses nénuphars. Le jeu des reflets imbrique étroitement ces deux univers de végétation luxuriante. Recouverte de touches longues et nerveuses, la surface du tableau s'offre au regard dans un fourmillement de couleurs aux tonalités essentiellement verte et bleue qui s'organise à distance.


Claude MONET

(Paris, 1840 - Giverny, 1926)

Coin de l'étang à Giverny, 1917

Huile sur toile

117 x 83 cm

Don de l'artiste en 1923

Domaine public

© Musée de Grenoble