Musée de Grenoble

Les 20 ans

 

Les conservateurs du musée, depuis sa fondation jusqu'à la fin du XIXe siècle, ont accordé une place privilégiée au dessin participant ainsi à la constitution d'un fonds de dessins anciens, riche aujourd'hui de plus de cinq mille feuilles. A ce fonds initial s'ajoute depuis le XXe siècle un très riche ensemble d'œuvres modernes et contemporaines.




Accroche Arts Graphique

Pablo PICASSO

Portrait d'Olga, 1921

Ce magnifique pastel appartient à la période néoclassique de Picasso qui manifeste, comme pour beaucoup d'artistes de l'époque après la Guerre de 1914, une forme de « retour à l'ordre », après la richesse d'innovations des premières années du siècle.  Cette période, qui commence en 1917 lors du voyage de Picasso en Italie, se traduit dans son œuvre par un retour à une figuration classique, fortement marquée par l'influence d'Ingres et la découverte des chefs-d'œuvre de l'Antiquité et de la Renaissance italienne. C'est lors de ce voyage, où il exécute à Rome les décors de Parade pour Serge Diaghilev, qu'il rencontre Olga Kokhlova, une danseuse des Ballets russes qui va devenir son épouse et dont il aura un fils, Paul. Olga est la muse de cette période et le modèle privilégié de nombre de portraits, où l'artiste glisse peu à peu d'un rendu naturaliste vers une vision plus antiquisante. Des traits massifs, lourds, puissamment modelés, de grands yeux ourlés à l'expression vide et un nez dans le prolongement du front sont les caractéristiques de ces « Junon aux yeux de vache dont les grosses mains carrées retiennent un linge de pierre » décrites alors par Cocteau. Le portrait  de Grenoble en est un exemple parfait bien que la pose d'Olga rappelle plus Ingres que l'Antiquité. À Ingres, on doit aussi la juxtaposition sur une même feuille d'une partie très poussée au pastel et d'autres simplement esquissées au fusain. Le visage aux traits simples et réguliers est surmonté d'une coiffure pesante et enchâssé dans une collerette aux plis rigides. La stylisation des formes, leur caractère anonyme, l'absence d'étude psychologique contribuent à donner à cette figure une étrange monumentalité, même si l'artiste  arrive, à travers ce filtre, à conserver la ressemblance avec son modèle.

Pablo PICASSO

(Málaga, 1881 - Mougins, 1973)

Portrait d'Olga, 1921

Pastel, fusain et craie sur papier Canson marouflé sur toile

127 x 95,5 cm

Dation en 1990 au musée national Picasso Dépôt au musée de Grenoble en 1990

© Succession Picasso

© Musée de Grenoble