Musée de Grenoble

Les 20 ans

A la suite d'Andry-Farcy, tous les conservateurs se sont attachés à poursuivre la politique d'acquisition en direction de l'art contemporain avec, à partir des années 70, une ouverture vers l'art international, qui continue de placer Grenoble parmi les premiers musées d'art contemporain européens.





Thomas SCHÜTTE, Untittled (Blue Head), 2002

Sigmar POLKE

On donne du grain aux poules, 2005

Dès les années 1960, Sigmar Polke réalise des tableaux s'appuyant uniquement sur le système de la trame photographique. En noir et blanc, ils répondent de façon "artisanale" et ironique à l'utilisation des techniques photographiques employées par les artistes américains du Pop Art.
Après de nombreuses œuvres réalisées dans cette veine radicale, l'artiste cesse d'en produire dans les années 70 pour en peindre à nouveau quelques rares exemples au milieu des années 80. Ces œuvres sont alors des constats sarcastiques sur la société contemporaine, elles reproduisent des images prélevées dans la presse, sans autre forme de commentaire. L'emphase donnée à ces images par l'agrandissement, le passage à une trame peinte et non plus imprimée leur confèrent cependant un statut d'icône.
Avec cette oeuvre, le caractère anodin de la peinture en noir et blanc est redoublé par l'insignifiance de l'image retenue par l'artiste : un fermier en train de donner du grain à ses poules. Le message sous-jacent est clair, compte tenu de la psychose planétaire concernant la grippe aviaire : comment ce qui est familier, bénéfique, peut devenir inquiétant, hostile. Une autre métaphore peut aussi être vue dans cette œuvre. À l'instar de la Cribleuse de Courbet dont le blé tombe de son tamis comme autant de touches de peinture, le fermier de Polke répand son grain comme autant de points, ces fameux points de la trame photographique. L'activité du peintre est alors mise en miroir.

Sigmar POLKE

(Oels, 1941 - Cologne, 2010)

On donne du grain aux poules, 2005

Acrylique sur toile préparée

250 x 250 x 2 cm

Achat à l'artiste en 2006

© ADAGP

© Musée de Grenoble