Musée de Grenoble

De l'académisme persistant à l'impressionnisme en passant par le romantisme et le réalisme, la collection XIXe du musée est représentative de toutes les tendances de ce siècle. Grands et petits formats se partagent l'espace de neuf salles dont deux sont dédiées à la sculpture, bénéficiant  d'un éclairage latéral qui met en valeur les volumes. 



INGRES, Tête de la Grande Odalisque, 1814

James PRADIER

Phryné, 1845

Lauréat du Prix de Rome en 1813, Pradier séjourne dans cette ville jusqu'en  1818. Il commence ensuite une brillante carrière à Paris, obtenant de très nombreuses commandes publiques et prestigieuses notamment pour le décor de l'Assemblée nationale, de la place de la Concorde ou le palais du Luxembourg.
Le thème central de son œuvre reste cependant la figure féminine et la Phryné de 1845, premier grand marbre français illustrant l'histoire de la  courtisane  grecque, maîtresse du grand sculpteur Praxitèle, dénudée par son avocat Hypéride devant  les juges qui l'accusent d'impiété, mais demeurent éblouis devant sa beauté, en est un témoignage d'excellence.  En réincarnant  cette première représentation connue de la nudité féminine complète dans la grande statuaire grecque, Pradier démontre brillamment sa capacité d'adaptation à la modernité à travers une sensualité proche de celle exprimée par les sculpteurs romantiques.
Si le traitement de la draperie et des plissés reste néoclassique, l'attitude de la courtisane à demi dénudée, ses formes pleines et suggestives révèlent sans ambiguïté  toute sa sensualité. L'emploi du marbre renforce la densité des formes et la rondeur des volumes et se prête à la souplesse des drapés dans un ensemble d'une grande élégance. Des traces de polychromie et d'or restent visibles, tandis que les marques d'assemblage et de restauration sont dissimulées sous la cordelette qui retient la draperie.
Cette œuvre  à l'exécution impeccable répond au souci d'incarner la beauté idéale mêlée de pudeur et de réserve.

James PRADIER

(Genève, 1790 - Bougival, 1852)

Phryné, 1845

Marbre de Paros

183 x 40 x 47 cm

Legs de M. Jules Monnet-Daiguenoire en 1903

Domaine public

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