Musée de Grenoble

Les 20 ans

A la suite d'Andry-Farcy, tous les conservateurs se sont attachés à poursuivre la politique d'acquisition en direction de l'art contemporain avec, à partir des années 70, une ouverture vers l'art international, qui continue de placer Grenoble parmi les premiers musées d'art contemporain européens.





Thomas SCHÜTTE, Untittled (Blue Head), 2002

Martial RAYSSE

Life is so complex, 1966

Associé en 1960 au groupe des Nouveaux Réalistes, Martial Raysse est très vite considéré comme le jeune créateur français le plus proche du Pop Art américain. En 1962 il réalise un environnement intitulé Raysse Beach dans lequel des photographies de baigneuses grandeur nature, une piscine en plastique, des néons et des jouets de plage recomposent ce que l’artiste considère comme les paradis artificiels et les éternelles vacances du monde moderne. Jusqu'en 1966 ses sujets favoris sont des images de jeunes femmes extraites de magazines, photocopiées ou partiellement repeintes.
Dans Life is so complex, un visage de femme est morcelé en douze éléments  en une sorte de puzzle optique conçu comme la juxtaposition de plusieurs "tableaux". Il est impossible de reconstituer ce visage en son entier : certaines parties manquent, d’autres apparaissent deux fois, d’autres encore reprennent le  même élément sous une forme différente.
Martial Raysse s'est intéressé plus particulièrement aux parties du visage devenues des codes, des signes de reconnaissance de la femme moderne : un œil maquillé de noir, une bouche peinte en rouge, l'ovale impeccable d'un visage... L'aspect immatériel et plat de l'image est renforcé par la technique du  Plexiglas découpé. Le noir et le blanc dominent largement, soulignés ça et là par le rouge et l’orangé. Le support en plexiglas coloré opaque ou transparent et la netteté des découpes en font un objet anonyme, proche du monde publicitaire.

Martial RAYSSE

(Golfe-Juan, 1936)

Life is so complex, 1966

Plexiglas coloré opaque ou transparent, découpé et monté sur contre-plaqué

150,5 x 260 x 4,5 cm chacun des quatre éléments: 150,2 x 65 cm

Achat à la Galerie Alexandre Iolas en 1968

© ADAGP

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