Joseph-Marie VIEN

L'Enlèvement de Proserpine, 1757

En 1757, le marquis de Marigny, directeur des Bâtiments du Roi, commande à François Boucher, Jean-Baptiste-Marie Pierre, Carle Van Loo et Joseph-Marie Vien quatre grands panneaux destinés à servir de modèle aux Gobelins sur le thème des amours des dieux.
Le sujet choisi par Vien est l'histoire de Proserpine, relatée dans les Métamorphoses d'Ovide : fille de Cérès et de Jupiter, elle est enlevée par son oncle Pluton, dieu des enfers.
De format carré, la composition est divisée en deux triangles par une diagonale, reprise par la disposition de Proserpine et de ses suivantes, occupées à décorer de fleurs la statue de Cérès. Un décor d'arbres et de fleurs sert de toile de fond à cette scène bucolique. Proserpine, d'une beauté virginale, le corps ceint d'étoffes chatoyantes, laisse entrevoir avec candeur la carnation nacrée de ses formes juvéniles. Jaillissant de l'enfer, le ravisseur n'a d'yeux que pour sa victime. Son attelage, mené par deux chevaux noirs à l'allure démoniaque, occupe la partie droite du tableau. Dans le lointain, l'Etna en activité, demeure mythique du dieu, ajoute une note terrible à la scène.
Le coloris respecte l'adéquation du style au sujet : vif et enjoué pour l'évocation du groupe de jeunes femmes, il s'assombrit pour celle de Pluton et de ses coursiers, traité à l'aide de rouges, de bruns et de noir. Cette œuvre n'est pas exempte d'intentions morales, elle fustige les égarements de la passion et son action pernicieuse sur la destinée humaine.

Joseph-Marie VIEN

(Montpellier, 1716 - Paris, 1809)

L'Enlèvement de Proserpine, 1757

Huile sur toile

320 x 320 cm

Acquisition du Musée du Louvre Dépôt au musée de Grenoble en 1872

Domaine public

© Musée de Grenoble