Musée de Grenoble

Les 20 ans

 

Les conservateurs du musée, depuis sa fondation jusqu'à la fin du XIXe siècle, ont accordé une place privilégiée au dessin participant ainsi à la constitution d'un fonds de dessins anciens, riche aujourd'hui de plus de cinq mille feuilles. A ce fonds initial s'ajoute depuis le XXe siècle un très riche ensemble d'œuvres modernes et contemporaines.




Accroche Arts Graphique

Jacques-Louis DAVID

Frise à la façon antique. Combat de deux guerriers, 1780

Cette frise compte parmi les chefs d’œuvres du musée de Grenoble. Fragment d'une composition plus large, ce dessin témoigne du talent du jeune David, après son premier séjour romain.  Si la partie gauche de cette composition est aujourd’hui à Grenoble, la partie droite est conservée au Crocker Art Gallery de Sacramento. En exposant cette frise à l'antique au Salon de 1783, l'artiste voulait montrer une œuvre au caractère fortement antiquisant, véritable manifeste de ses années d’apprentissage passées à Rome. En effet, le séjour italien métamorphose l’œuvre du jeune peintre, et l'étude des maîtres, et surtout des antiques, participe à l'éveil de son style. Les nombreux croquis de ce premier séjour italien, réunis par David dans douze carnets, témoignent de l’important travail accompli durant le séjour à l’Académie de France. La frise de 1783 est une synthèse personnelle, issue de l’observation de cette multitude de motifs que l’on retrouve dans les albums. En 1797, lorsque les deux fragments sont vendus, le catalogue de la vente les décrit comme  : « Priam rendant les honneurs funèbres à Hector (partie droite) et Achille vainqueur d’Hector » (partie gauche présentée ici). Rappelons que ces sujets, particulièrement en vogue dans les années 1770-1780, sont illustrés à plusieurs reprises par David lors de son séjour italien. L’une des plus importantes compositions du peintre, aujourd’hui conservée à la National Gallery de Dublin, illustre les funérailles de Patrocle et son morceau de réception, la mort d’Hector. Dans cette dernière peinture, David cite une partie de sa frise, celle précisément conservée à Grenoble, dans le décor du lit funéraire du héros troyen. 

Jacques-Louis DAVID

(Paris, 1748 - Bruxelles, 1825)

Frise à la façon antique. Combat de deux guerriers, 1780

Pierre noire, plume et encre noire, lavis gris, rehauts de gouache blanche, trait d'encadrement à la plume et à l'encre brune sur papier bleu insolé collé en plein

26,4 x 74,7 cm

Legs de Mme Aristide Rey en 1930

Domaine public

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