5 choses à savoir sur Morandi

jeudi 29 avril 2021

Giorgio Morandi est à l’honneur au musée jusqu’au 4 juillet. Avant de découvrir l’exposition, nous vous dévoilons 5 anecdotes à connaitre sur l’artiste italien.

1. Un artiste du confinement

« Certains peuvent voyager à travers le monde et ne rien en voir. Pour parvenir à sa compréhension, il est nécessaire de ne pas trop en voir, mais de bien regarder ce que l’on voit » (Giorgio Morandi).

Morandi, éternel célibataire surnommé "le moine" ou « l’ermite bolonais », a vécu de 1910 à 1964 dans le même appartement de la Via Fondazza à Bologne, avec ses trois sœurs. Il ne quittait sa chambre-atelier de 9m2 que pour aller enseigner à l'académie d'art toute proche, et ne fit que de très rares voyages dans son pays natal (principalement en Emilie-Romagne, la région de Bologne) ou en Suisse. Un artiste confiné avant l’heure !

© Paolo Ferrari (Istituzione Bologna Musei | Museo) - L'atelier de Morandi, situé Via Fondazza, à Bologne

2. Une seule commande !

Au début de leur relation, Luigi Magnani, collectionneur et ami de Morandi, décida un jour de lui passer une commande spécifique.

Le voilà donc qui arrive avec un luth vénitien et des flûtes indiennes, un univers musical et fastueux totalement étranger à l’artiste. Embarrassé, Morandi ne peut pas refuser… et réalise Natura morta con strumenti musicali (Nature morte aux instruments musicaux), qui deviendra un unicum dans toute la production de l'artiste. Cette œuvre est à découvrir dans l’exposition mais vous allez vite vous rendre compte que le tableau réalisé ne correspond pas à l’œuvre commandée…

En difficulté par le choix du sujet et face à la préciosité de ces objets, Morandi se rend aux puces, achète un jouet en forme de guitare ! Il récupère aussi une petite trompette et une vieille mandoline oubliée par l'un de ses cousins. Ce sont ces instruments que Morandi décide de saisir dans sa nature morte. Lorsque Magnani vient récupérer sa peinture, ses instruments précieux sont oubliés dans un coin de l’atelier !

Cet épisode, certes anecdotique, nous dit beaucoup sur la rigueur et la profondeur de la démarche artistique de Morandi, que Magnani reconnaît à postériori, et avec regret, ne pas avoir comprise et respectée à l’époque:

«Je suis parti heureux, mais inconscient de la grande et généreuse preuve de sympathie qu’il était en train de m’accorder en acceptant de peindre son premier (et ce fut le dernier) tableau “sur commande”»

3. Barack Obama l’adore !

A leur arrivée, chaque nouveau président américain sélectionne une série d’œuvres pour décorer leurs quartiers privées à la Maison Blanche. Lorsque Barack Obama est arrivé en 2009, il a choisi, fait rare, deux artistes non américains : Nicolas de Staël et… Giorgio Morandi avec pas moins de deux de ses peintures.

4. Star de cinéma et de la littérature !

La Dolce vita de Fellini

Aujourd’hui encore, le travail de Morandi fascine les autres artistes. On peut observer ses œuvres dans des films de Michelangelo Antonioni (La notte, 1961) ou de Federico Fellini (La dolce vita, 1960). Dans ce dernier film, Marcello (joué par Marcello Mastroianni) décrit ainsi une peinture de Morandi :

« Les objets sont baignés dans une lumière de rêve, et pourtant, ils sont peints avec une matière, une précision, une rigueur qui les rend presque tangibles. C’est un art où rien n’arrive par hasard ».

La littérature aussi est captivée par l’œuvre de Morandi. On le retrouve cité dans les écrits de Pier Paolo Pasolini, Paul Auster, Don De Lillo (L’homme qui tombe) et Siri Hustvedt (Vivre, penser, regarder, 2012).

5. Une arrivée à Grenoble sur le fil !

Un Morandi au musée de Grenoble ? Un rêve devenu possible après une traque de 2 ans, de Londres au Canada, en passant par Genève ! Guy Tosatto, directeur du musée, a réalisé cet exploit en 2015 grâce au club de Mécènes.

"Si un moment, on ne décide pas d’acheter une œuvre d’un artiste important, le temps passant ça devient totalement impossible. Pour Morandi, c’est la date limite, le moment où jamais parce que je fais le pari que dans 5 ans, ce tableau vaudra au moins le double, voire plus." (Guy Tosatto)

L’œuvre est venu compléter le fonds d’art italien du XXe siècle déjà très riche.

D’ailleurs, après l’exposition Morandi, c’est l’occasion de poursuivre votre découverte avec la présentation d’Italia Moderna !

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