Musée de Grenoble

Accueil > Les expositions > À venir / Grenoble et ses artistes au XIXe siècle

À venir / Grenoble et ses artistes au XIXe siècle

Le musée de Grenoble présentera du 14 mars au 28 juin 2020 une exposition intitulée "Grenoble et ses artistes au XIXe siècle".

Tout au long du XIXe siècle, les peintres et sculpteurs établis à Grenoble contribuent à l’effervescence culturelle de la cité. De l’école gratuite de dessin (1796) à la création du musée (1798) en passant par l’école de sculpture architecturale (1831) et le salon de la Société des Amis des Arts (1832), Grenoble vit une période particulièrement féconde sur le plan artistique. Pourtant la ville n’a pas le passé des villes humanistes et universitaires. C’est la seule détermination d’une élite éclairée qui va permettre ce remarquable développement culturel et intellectuel qui caractérise Grenoble aujourd’hui encore.

Les jeunes artistes isérois se forment, inspirés par quelques personnalités charismatiques. Beaucoup complètent leur cursus à Paris, capitale des arts, et vivier incontournable pour amorcer une carrière professionnelle. Les plus talentueux tentent le prix de Rome pour bénéficier d’une formation de trois années à l’académie de France à Rome. Les seuls isérois à l’obtenir seront Berlioz en 1830 et Hébert en 1839, Irvoy n’étant que second en 1854. Mais ils sont nombreux à séjourner en Italie pour se nourrir d’un patrimoine artistique et architectural unique.

Image : Jean-Alexis ACHARD, Vue de Grenoble, vue prise du quai de la Graille, (détail), 1837

Puis certains choisissent de s’établir à Paris qui offre plus d’opportunités tandis que d’autres, plus attachés à leurs racines, reviennent à Grenoble. Ils prendront alors la relève de leurs maîtres et transmettront leur savoir à une nouvelle génération au sein des écoles d’art et des cours privés.

La capitale des Alpes s’affirme, surtout après 1850, comme un centre commercial et bancaire, alors même que les rentiers, hommes de loi et professions libérales ont longtemps occupé une place prépondérante. Ce développement démographique, économique et urbain offre alors des conditions favorables pour obtenir des commandes publiques et privées. L’art s’inscrit dans la ville et s’offre au regard de tous sur les façades sculptées des nouveaux bâtiments (préfecture, nouveau musée…), dans les jardins publics et les places (statues), sur les fontaines (fontaine du dauphin par Sappey, fontaine des trois-ordres par Ding…). Dans le contexte du renouveau religieux en France durant le XIXe siècle, ce sont plus de trois cents églises qui sont bâties où rebâties en Isère.

Les portraits peints ou sculptés, encore très en vogue parmi les élites, sont une source de revenu non négligeable pour les artistes. Tandis que la bibliothèque municipale développe sa galerie des illustres.

L’art du paysage est évidemment marqué en Isère par la montagne. L.-J. Jay, en pédagogue inspiré, ouvre, dès la fin du XVIIIe siècle, une classe de paysage à l’école centrale, car il est « essentiel à être enseigné dans un département où la nature abonde en sites pittoresques. »

Malgré une certaine concurrence, notamment chez les sculpteurs, on constate que les liens interpersonnels sont importants et que tous ces artistes, en dehors des périodes studieuses et souvent solitaires de création, organisent des rencontres amicales et festives ouvertes aux autres arts et aux amateurs éclairés et structurent des réseaux d’entraide pour les plus nécessiteux d’entre eux.

Grenoble et ses artistes
au XIXe siècle • 14 mars - 28 juin 2020