Un mobile tué; un officier allemand mort prés de son cheval expirant (fragment du Panorama de la bataille de Champigny)

Jean Baptiste Edouard DETAILLE
1882
104 x 264 cm
Crédit photographique :
Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. Lacroix
Acquisition :
Don de Léon de Beylié en 1896
Localisation :
SA17 - Salle 17

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En 1868, Édouard Detaille expose au Salon un premier tableau à sujet militaire avec succès. Après son engagement dans la guerre de 1870, il se spécialise dans des peintures où sont décrites, d’après modèles vivants ou photographies, les actions héroïques de l’armée française et la vie des soldats. Ce tableau au format allongé est le fragment d’un panorama peint entre 1880 et 1882 par Detaille et un autre spécialiste du genre, Alphonse de Neuville. Apparus autour de 1800 dans les grandes villes européennes, les panoramas connaissent un renouveau considérable dans les deux dernières décennies du XIXe siècle. La peinture circulaire, disposée dans une rotonde, plonge le visiteur au cœur d’un « environnement » peint sans limites. Trois thèmes principaux déplacent les foules (jusqu’à 200 000 visiteurs par an) : les vues de grandes villes, les sites prestigieux et les batailles. L’invention du cinéma en 1895 sonnera le déclin de ces dispositifs ; les rotondes seront détruites, parfois réutilisées comme théâtres, les toiles et les panneaux peints disparaîtront, parfois fractionnés en tableaux indépendants. Le Panorama de la bataille de Champigny, installé dans la rotonde du Panorama National situé dans le 8e arrondissement, mesurait 120 mètres de long sur 15 mètres de haut. Detaille et Neuville en ont peint les figures tandis que le ciel et les paysages ont été exécutés par des artistes moins connus. Présenté à Vienne en 1887, il sera découpé cinq ans plus tard en 65 fragments dispersés en ventes publiques. Le morceau de Grenoble, de la main de Detaille, met en scène deux soldats morts et un cheval expirant, des objets répandus autour d’eux. D’après une gravure publiée en novembre 1882 dans le Monde Illustré, ce groupe se situait en contrebas d’un talus, entouré de troupes en mouvement. Le cadrage serré des corps abandonnés dans la neige tranche avec la vision qu’offrait le panorama en son entier : à la mort héroïque et anonyme de milliers de soldats tombés au combat se substitue la représentation dramatique d’une mort absurde.

Un autre regard

  • La peinture d'histoire au XIXe siècle

    Le XIXe est le siècle des paradoxes où se côtoient les tendances les plus novatrices et les retours permanents vers les formes du passé, où s’exprime la nostalgie de l’Antiquité, du Moyen Âge et de la Renaissance parfois de manière réaliste, précise et appliquée.

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