Flore caressée par Zéphyr

Baron François GÉRARD
1802
Huile sur toile
169 x 105 cm
Crédit photographique :
Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. Lacroix
Acquisition :
Don de Léon de Beylié en 1900
Localisation :
SA15 - Salle 15

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En 1786, François Gérard entre dans l’atelier de David, gagné par l’enthousiasme suscité par le Serment des Horaces au Salon de 1785. L’artiste remporte un franc succès en 1798 avec Psyché reçoit le premier baiser de l’Amour (musée du Louvre, Paris), révélant par ce tableau idéal, à l’ardeur contenue, sa vision idyllique de l’Antiquité. Gérard ne connaît toutefois réellement la gloire qu’à partir de 1800, au moment où Bonaparte en fait son peintre favori. L’artiste établit alors sa renommée en portraiturant la famille impériale, les dignitaires du Consulat et de l’Empire. S’il marque indéniablement l’art du portrait français par ses figures pleines de grâce et de volupté, le peintre sait aussi se distinguer par les grandes décorations qu’il réalise pour les résidences impériales. Flore caressée par Zéphyr appartenait à un ensemble peint pour l’hôtel particulier de Charles Gaudin situé rue du Mont Blanc et avait probablement pour pendant une représentation de Danaé réalisée par Girodet, aujourd’hui conservée au musée des beaux-arts de Leipzig. Caressée par le vent, une jeune femme aux formes sensuelles, les yeux mi-clos, avance impudique à la surface du globe terrestre, sous un voile transparent. Esquissant un pas de danse, elle se trouve inondée d’une pluie de fleurs aux accents érotiques. Le sujet est tiré d’Ovide : Flore enlevée par Zéphyr et épousée en justes noces se voit offrir le royaume des fleurs (Ovide, Fastes, Livre V, vers 183-378). Avec lyrisme, Gérard a su rendre la grandeur de son empire et l’éclat de sa jeunesse éternelle. Le réalisme du tableau contraste toutefois avec son caractère prétendument allégorique. L’œuvre appartient au courant dit anacréontique, avatar du néoclassicisme davidien, annonciateur du romantisme. François Gérard offre ce tableau, condensé d’érotisme diffus, à son amie Madame de Fourcroy, née Adélaïde-Flore Belleville, pour son remariage. Et l’on comprend alors que le pouvoir de séduction des Merveilleuses passait aussi par les décors de leurs salons privés, où entraient en résonance l’univers clos des hôtels particuliers et celui des amours captives de Danaé, Psyché ou Flore.

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