Italie - XVIIe siècle

Caravagisme, baroque et classicisme sont regroupés dans ces salles, à travers une collection italienne composée de grands retables et d’œuvres aux formats plus modestes.

Présent à Rome jusqu’en 1606, Le Caravage (1571-1610) a provoqué une véritable révolution picturale. Son réalisme âpre et vigoureux ainsi que l’expressivité de ses personnages, son luminisme dramatique et ses couleurs violemment contrastées ont influencé de nombreux artistes. Le caravagisme se diffusa rapidement en Europe durant les trente premières années du XVIIe siècle, grâce aux nombreux peintres étrangers de passage à Rome.

Les cabinets d’amateurs se multiplient au XVIIe siècle, conséquence de l’engouement des classes cultivées pour les collections d’œuvres  d’art. “ L’honnête homme ” se doit de posséder un ensemble souvent hétéroclite d’objets de curiosité où tableaux et sculptures tiennent une place importante. À la fois instrument de prestige social et gage du bon goût de son propriétaire, le cabinet est ouvert aux visiteurs selon un cérémonial parfois sophistiqué.
Les peintures présentées dans la salle 3, souvent de petits formats, sont de genres très variés : scènes religieuses ou batailles, portraits, paysages ou natures mortes, elles ont été réalisées par des artistes italiens ou actifs en Italie.

  • Le Martyre de saint Pierre

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Mattia PRETI dit IL CALABRESE
    Date : 1630 - 1650
    Dimension : 336 x 242 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Achat par la Ville en 1828

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    Ce tableau de Mattia Preti est un bel exemple de l’influence de Caravage sur le milieu romain : les personnages grandeur nature émergent de l’ombre par “ morceaux ”, découpant la scène en une succession de plans clairs ou obscurs. L’artiste a sans doute admiré le chef-d'œuvre de Caravage, de même sujet, à l’église de Santa Maria del Popolo à Rome.

    Le corps de Saint Pierre renversé sur la croix traverse la composition en une grande oblique autour de laquelle s’organisent les autres personnages. L’action suspendue, les gestes des hommes stoppés dans leur élan mettent en évidence la souffrance de Pierre et la violence des bourreaux.

  • Le Christ à Emmaüs

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Bernardo STROZZI
    Date : après 1630 - 1631
    Dimension : 124 x 172 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Dépôt de l'Etat en 1811
    Localisation : SA02 - Salle 02

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    Né à Gênes, Strozzi a passé sa vie entre cette ville et Venise qu’il n’a plus quittée à partir de 1630. Ce tableau date probablement de la période vénitienne. On y décèle cependant l’influence du Caravage à travers l’attention portée au réalisme des personnages et à l’éclairage de l’ensemble.

    Les pèlerins et Jésus, assis autour de la table, sont présentés à mi-corps. Le motif de la nappe blanche, espace de lumière, donne le sentiment d’une place vide qui invite à entrer dans le tableau. La position des bras, le jeu des mains et des regards, le rythme des gestes révèlent le talent de l’artiste à saisir une scène à son moment le plus intense.

  • Le Songe de Jacob

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Gioacchino ASSERETO
    Date : XVIIe siècle
    Dimension : 74,5 x 147,5 cm
    Crédit : VILLE DE GRENOBLE / MUSÉE DE GRENOBLE-J.L. LACROIXDomaine public
    Acquisition : Achat à la Galerie Maurizio Canesso avec le soutien du Club des mécènes du musée de Grenoble en 2011
    Localisation : SA02 - Salle 02

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    Formé à Gênes, Assereto explore à partir des années 1630 une peinture ténébriste chargée d’émotion où dominent les tonalités de terres.

    Le thème de cette œuvre est tiré de la Genèse et représente le songe de Jacob. En rêve, ce dernier a la vision d’une échelle céleste, parcourue par des anges.

    L’artiste a recourt, comme il le pratique souvent, à un cadrage très resserré qui projette le personnage sur l’avant de la toile. Le format, qui s’adapte si bien à l’endormissement de Jacob, fait corps avec la représentation d’une belle unité dans ses camaïeux de bruns que viennent relever le rouge chaud des manches et quelques touches fluides de rose sur le drapé.

  • Le Martyre de saint Barthélémy

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : José de RIBERA (atelier de)
    Date : 1626 - 1632
    Dimension : 115 x 180 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Achat à Jean-François Calixte, marquis de Pina de Saint-Didier en 1828
    Localisation : SA02 - Salle 02

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    D’origine espagnole, Ribera quitte son pays natal très jeune pour se rendre à Naples où il passera toute sa vie et adoptera l’esthétique caravagesque.

    Il a plusieurs fois représenté Saint Barthélémy. Avant d’être dépecé par les barbares, le corps du saint est ici déployé ici sur toute la largeur de la toile, selon une diagonale très affirmée. Il semble difficilement contenu dans cet espace réduit, accentuant la tension dramatique exacerbée par l’éclairage. La lumière détaille avec cruauté le corps amaigri du vieil homme et son visage partagé entre espoir et souffrance. Affairés autour de lui, deux bourreaux achèvent de l’entraver.

  • Prédication de saint Jean-Baptiste

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Annibale CARRACCI dit CARRACHE
    Date : vers 1600
    Dimension : 39 x 52 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Dépôt du Musée du Louvre en 1897
    Localisation : SA03 - Salle 03

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    Annibale Carrache fonde une académie en 1585 à Bologne avec son frère Agostino et son cousin Ludovico. Leur enseignement, qui préconise le retour à la nature comme modèle et source d’inspiration, aura une influence déterminante sur les artistes romains puis sur les peintres classiques français.

    Dans cette toile ayant appartenu à des collectionneurs prestigieux (Mazarin, le duc de Richelieu et Louis XIV), l’artiste traite son sujet de façon originale, rassemblant les personnages dans un espace restreint du tableau sur un fond de paysage composé. La mesure et l’équilibre classiques se retrouvent dans l’harmonie colorée ainsi que dans le choix d’une lumière vibrante et diffuse.

  • Jésus-Christ servi par les anges

    Médium : Huile sur cuivre
    Auteur : Francesco ALBANI dit L'ALBANE
    Date : XVIIe siècle
    Dimension : 40 x 55 cm
    Crédit : VILLE DE GRENOBLE / MUSÉE DE GRENOBLE-J.L. LACROIXDomaine public
    Acquisition : Dépôt de l'Etat en 1811
    Localisation : SA03 - Salle 03

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    L’Albane a été formé à l’Académie créée à Bologne par les Carrache. Il excelle dans les tableaux de petits formats souvent peints sur cuivre, comme les deux œuvres conservées au musée de Grenoble.

    Le sujet de ce tableau, la retraite de Jésus pour quarante jours de jeûne dans le désert, est évoqué dans l’Évangile selon Saint Matthieu (IV,I-II) : le Christ ayant résisté aux tentations du démon, des anges apparaissent pour lui servir un repas. L’œuvre est construite selon un double principe de symétrie et de frontalité. Jésus apparaît comme un axe autour duquel s’organise la répartition des figures et des éléments de décor.

  • Dieu réprimandant Adam et Eve

    Médium : Huile sur cuivre
    Auteur : Domenico ZAMPIERI dit LE DOMINIQUIN
    Date : vers 1623 - 1625
    Dimension : 95 x 75 cm
    Crédit : VILLE DE GRENOBLE / MUSÉE DE GRENOBLE-J.L. LACROIXDomaine public
    Acquisition : Dépôt du Musée du Louvre en 1892
    Localisation : SA03 - Salle 03

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    Le Dominiquin a également fréquenté l’académie des Carrache à Bologne. La précision de son dessin et la vivacité de son coloris lui ont valu une grande renommée.

    Cette évocation bucolique du paradis terrestre à l’instant du pêché originel est peinte sur une plaque de cuivre de grandes dimensions.

    Les personnages, liés par leurs attitudes et des jeux de regards appuyés, sont rassemblés autour d’une diagonale très affirmée. En hommage à Michel-Ange, Le Dominiquin n’a pas hésité à lui emprunter le motif de La Création d’Adam peint sur la voûte de la chapelle Sixtine.

  • Portrait d'homme

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Domenico FETTI (attribué à)
    Date : XVIIe siècle
    Dimension : 93 x 73 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Achat à M. Jean Bedotti en 1843
    Localisation : SA03 - Salle 03

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    Ce tableau, acquis au XIXe siècle comme un original de Velázquez, a été l’objet de plusieurs autres attributions. Le nom de Domenico Fetti fait aujourd’hui l’unanimité des spécialistes.

    Le modèle est saisi à mi-corps dans une posture très étudiée, inscrit dans l’espace formé par un coin et une tablette de bois qui l’isole du spectateur. Une chaîne d’or semble s’échapper de sa main droite posée sur le rebord tandis que de la gauche, il tient une paire de gants enserrés entre deux doigts. L’expression du modèle, à la fois arrogant et suspicieux, évoque une personnalité complexe rendue avec brio par Domenico Fetti.

  • Combat de cavalerie

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Michelangelo CERQUOZZI dit Michel DES BATAILLES
    Date : XVIIe siècle
    Dimension : 51 x 75 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Don de Mme Casimir-Perier fils en 1839
    Localisation : SA03 - Salle 03

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    Cerquozzi a passé toute sa vie à Rome où il était renommé comme peintre de batailles.

    Pour rendre avec justesse et clarté le fracas et la confusion d’un combat pris sur le vif entre chrétiens et turcs, il a dégagé ici le tout premier plan du tableau. Le corps du soldat mort et celui de son cheval conduisent le regard jusqu’au milieu de la composition, foyer convergent de la bataille.

    La lumière vive, servie par un coloris franc à base de blancs, de rouges et de bleus, met en relief les acteurs principaux. Elle se transforme à l’horizon en lueur délicatement irisée de gris et de jaune, donnant à ce massacre organisé un halo poétique inattendu.

  • Sainte Cécile martyre

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Francesco GUARINO (attribué à)
    Date : vers 1630 - 1640
    Dimension : 50,7 x 71 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Achat à la Galerie Maurizio Canesso avec la participation du FRAM en 2002
    Localisation : SA03 - Salle 03

    Détails

    Guarino est l’un des plus habiles interprètes du caravagisme à Naples.

    Sainte Cécile, patronne des musiciens, a été condamnée pour avoir refusé de sacrifier aux dieux. Placée dans un caldarium puis condamnée à la décapitation, elle survit. Elle est alors abandonnée dans la salle des Thermes à une agonie de trois jours. C’est là que le peintre a choisi de la représenter, sans chercher à rendre l’atmosphère morbide de la scène. Malgré le sang s’échappe de son cou, Guarino a su créer une vision d’une belle jeune femme endormie, vêtue de couleurs chatoyantes et comme saisie d’une extase mystique.