Le surréalisme

Le Surréalisme est un mouvement intellectuel, littéraire et artistique, ébauché vers 1919 à la suite du dadaïsme et défini par André Breton en 1924.

Il est caractérisé par le refus de l’opposition traditionnelle entre réel et imaginaire et la prépondérance accordée au hasard, aux forces de l'instinct et de l'inconscient libérées du contrôle de la raison.  Il se développe à partir de moyens nouveaux : sommeil hypnotique, exploration du rêve, écriture automatique, associations de mots spontanées, rapprochements inattendus d'images, …

Le surréalisme n’est pas une école esthétique  ni une formule plastique.

L'invention, la poésie, l'emploi de techniques originales, la prise en compte du hasard comptent parmi les valeurs qui caractérisent la production surréaliste dans le domaine du dessin, de la peinture et de la sculpture.

Pour les artistes surréalistes, la création artistique ne se justifie que si la liberté totale de l’inspiration, venue de l’inconscient du sujet, permet d’accéder au surréel. Au-delà de la peinture, ils ont développé l’art du collage et de la photographie mais aussi créé des objets poétiques et des sculptures.

La salle 36 offre au visiteur un choix d'œuvres d'une grande qualité réalisées par les artistes les plus importants du mouvement surréaliste.

  • Les Epoux

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Giorgio DE CHIRICO
    Date : 1926
    Dimension : 60,8 x 50,2 cm
    Crédit : VILLE DE GRENOBLE / MUSÉE DE GRENOBLE-J.L. LACROIX© Adagp, Paris
    Acquisition : Don de Paul Guillaume en 1927
    Localisation : EXPOTEMPORAI - Salles d'expositions temporaires

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    Né en Grèce, Giorgio de Chirico conçoit au début du XXe siècle une œuvre unique et étrange, nostalgique d’un ordre ancien disparu. Installé en 1910 à Paris, il devient le théoricien de la Pittura metafisica avec des tableaux conçus comme de véritables énigmes plastiques, révélant un monde onirique inspiré de l’architecture de villes italiennes, de la Renaissance et du romantisme allemand.

    Ce tableau incarne les nouvelles orientations stylistiques de l'artiste après 1920. Dans un espace ambigu, Les Époux, un couple de mannequins issus d'un même torse et drapés à l'Antique, est entouré de formes géométriques qui évoquent des architectures. La vigueur de la composition, le rendu de la touche et la vivacité des couleurs contrastent fortement avec le malaise et l’inquiétude qui émanent de cette œuvre.

  • Les Epaves de l'ombre

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : René MAGRITTE
    Date : vers 1926 - 1927
    Dimension : 120 x 80 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. Lacroix© Adagp, Paris
    Acquisition : Don de la Galerie Le Centaure en 1928
    Localisation : SA36 - Salle 36

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    En 1926, rallié à Paris au groupe surréaliste fondé par André Breton, Magritte devient la figure dominante de ce mouvement en Belgique. Dans sa peinture, il cherche à rendre visibles les mécanismes de la pensée et explore l'ambiguïté qui réside entre les mots et la réalité, créant des rapports incongrus entre les objets, les personnages et leur décor.

    L'influence que De Chirico a exercée sur lui est manifeste dans ce tableau, l’un des tout premiers exécutés dans la veine surréaliste. Les Épaves de l’ombre, formes imaginaires composées de fragments empruntés à la réalité, sont disposées comme sur une scène de théâtre dans un décor de montagnes surgissant d’un plan d’eau. Sans liens apparents et juxtaposées dans l’esprit d’un collage, elles sont ancrées dans le réel grâce aux ombres portées et à leur facture illusionniste mais elles s’apparentent néanmoins au rêve.

  • Idylle

    Médium : Huile sur isorel
    Auteur : Francis PICABIA (Francis MARTINEZ DE PICABIA, dit)
    Date : vers 1925 - 1927
    Dimension : 105,7 x 75,7 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. Lacroix© Adagp, Paris
    Acquisition : Don de Madame Jacques Doucet, en exécution de la volonté de son mari, en 1931
    Localisation : SA36 - Salle 36

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    Poète et artiste, Picabia désacralise l’art par le scandale, l’humour et la dérision. Figure essentielle du mouvement dada à Paris, il crée son propre mythe, celui d’un artiste mondain appréciant les femmes, la Côte d’Azur, les voitures et les galas.

    Dans ce tableau, un couple enlacé s’inscrit en transparence sur un fond bleu azur, habité de paysages de mer et de montagne qui interfèrent librement. S’inspirant des cartes postales populaires, du cinéma ou du roman-photo naissant, Picabia présente ici des personnages, peints au Ripolin sur une plaque d’isorel, qui parodient avec humour et poésie le sentiment amoureux. L’œuvre a été acquise par le grand couturier Jacques Doucet et ornée d’un cadre dû à Pierre Legrain, célèbre relieur et décorateur des années 20.

  • La Forêt

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Max ERNST
    Date : 1927
    Dimension : 80,7 x 100 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. Lacroix© Adagp, Paris
    Acquisition : Don de l'artiste en 1931
    Localisation : SA36 - Salle 36

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    Fondateur du mouvement dada à Cologne, Max Ernst s’installe à Paris en 1920. Soutenu par André Breton, il devient une figure essentielle du surréalisme, élaborant une œuvre d’une extrême diversité.

    L’artiste raconte qu’il inventa le procédé du frottage à Pornic un jour de pluie, fasciné par les lames du parquet de l’auberge où il séjournait. Posant quelques feuilles de papier au sol, il révéla la structure du plancher avec une mine de plomb.

    Dans La Forêt, après avoir recouvert la toile de couleurs, il la peint en noir et applique sa surface sur différents objets afin que leur relief s’y marque. Mystérieuse et traversée par la lumière d’un pâle soleil d’hiver, la forêt s’élève telle une palissade infranchissable, possible métaphore de l’inconscient.

  • Appareil de téléphilie

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Pierre ROY
    Date : 1929
    Dimension : 35,5 x 27,5 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Achat à la Galerie von Bartha en 1991
    Localisation : SA36 - Salle 36

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    Pierre Roy participe à la première exposition du groupe des surréalistes en 1925. Imprégné de l’univers métaphysique de Giorgio De Chirico, son travail s’en distingue par un traitement pictural quasi photographique.

    Dans un espace désertique de sable et de cailloux, un curieux instrument se dresse, soutenu par deux bambous fiché en terre. Cet Appareil de téléphilie est composé d’un aimant surmonté de deux œufs, noués ensemble par un ruban bleu. Cette machine, avec son disque-récepteur planté au sommet d’un support, permettrait d’envoyer et de recevoir des messages sentimentaux. Construction imaginaire, elle s’ inscrit dans un espace réel et extrêmement précis

  • Nid d'amphioxus

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Yves TANGUY
    Date : 1936
    Dimension : 60 x 80,7 cm
    Crédit : VILLE DE GRENOBLE / MUSÉE DE GRENOBLE-J.L. LACROIX© Adagp, Paris
    Acquisition : Don de Peggy Guggenheim en 1954, entré dans les collections en 1941.

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    Rallié dès 1925 au mouvement surréaliste, Tanguy invente un monde où des objets mystérieux flottent dans des espaces irréels conçus comme des plages à marée basse ou des déserts brumeux.

    Dans Nid d'Amphioxus, des formes biologiques quasiment abstraites semblent avoir été abandonnées là par une marée peu soucieuse de les reprendre. Les amphioxus sont en réalité de petits animaux marins vivant dans le sable. Les tonalités sourdes d'une palette où dominent le gris et les couleurs terreuses plongent la scène dans une semi-obscurité. La lumière vient éclairer ça et là les protubérances de ces étranges ossements, créant des ombres fortement marquées au sol.

    André Breton considérait Tanguy comme le plus "pur" membre du groupe surréaliste.

  • Maternité

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Victor BRAUNER
    Date : 1955
    Dimension : 91,5 x 72,5 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. Lacroix© Adagp, Paris
    Acquisition : Legs de Mme Jacqueline Victor Brauner en 1987
    Localisation : SA36 - Salle 36

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    Brauner, installé à Paris en 1930, se rallie à l’aventure surréaliste par l’intermédiaire d’Yves Tanguy. Fidèle au groupe jusqu’en 1948, il adopte après cette date un style épuré, réalisant des compositions dans lesquelles des figures archétypales sont élaborées à l’aide de formes géométriques simples peintes en aplats.

    Les créatures de Maternité appartiennent à cette période. Se détachant sur un fond neutre, un personnage féminin et l’enfant qu’elle tient dans ses bras sont peints dans des tons pastel nuancés d’un léger modelé. Vus de profil, ils sont dotés des mêmes mains en forme de râteau et partagent un baiser, stylisé dans une sorte d’amande rappelant les mandorles dans lesquelles s’inscrivaient les personnages sacrés. Cette union évoque avec émotion un amour maternel doux et puissant à la fois, ignorant la rigueur des formes géométriques qui ont servi à sa représentation.

  • Navigation series box

    Médium : Bois, papier, métal et verre
    Auteur : Joseph CORNELL
    Date : 1950
    Dimension : 34,3 x 46,9 x 11,4 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. Lacroix© The J. & R. Cornell Memorial Foundation/ Adagp, Paris
    Acquisition : Achat à la Galerie Zabriskie en 1990
    Localisation : SA36 - Salle 36

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    Joseph Cornell, marqué dès le début des années 1930 par Ernst, De Chirico et Dalí, a très vite été associé au surréalisme. Ses collages, assemblages et boîtes vitrées rassemblent des objets récupérés qu’il combine pour créer un univers poétique. L'enfance, la nature et le cosmos sont explorés à travers une quête nostalgique du passé, de la mémoire et de l'écoulement du temps.

    Navigation Series Box appartient à la famille des cosmologies. La boîte, tapissée d'une carte du ciel, rassemble une balle, planète qui circule sur les rails du ciel, et des bracelets, symboles des anneaux planétaires. Dans la partie basse, des verres à pied dénoncent le temps qui passe selon l'état d'ébrèchement propre à chacun.

    La boîte agit comme un microcosme qui évoque de façon onirique les notions d’espace et de temps, de fini et d’infini.