La Forêt

Max ERNST
1927
Huile sur toile
80,7 x 100 cm
Crédit photographique :
Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. Lacroix
Acquisition :
Don de l'artiste en 1931
Localisation :
SA36 - Salle 36

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L’univers de Max Ernst est l’un des plus poétiques que le XXe siècle ait donné à voir. Originaire de Rhénanie, celui qu’André Breton appelait « l’homme des possibilités infinies » poursuit à l’université de Bonn des études d’histoire de l’art, de littérature, de philosophie et de psychiatrie. Fondateur du mouvement dada à Cologne, ami de Hans Arp et de Paul Éluard, Ernst s’installe à Paris en 1920. Soutenu par André Breton, il devient une figure essentielle du surréalisme. Inventeur de collages à la poésie troublante, Ernst donne naissance à une œuvre protéiforme fondée sur l’automatisme, le surgissement de l’inconscient et l’expérimentation matérielle. Contribuant à son propre mythe, l’artiste raconte qu’il inventa le procédé du frottage à Pornic un jour de pluie, fasciné par les lames du parquet de l’auberge où il séjournait. Nous sommes en 1925. Posant quelques feuilles de papier au sol, il vient révéler la structure du plancher avec une mine de plomb. Placé sous l’égide de Léonard de Vinci qui invitait ses élèves à exercer leur imaginaire par l’observation des nuages, le procédé graphique du frottage qui s’épanouit dans le magnifique cycle gravé d’Histoire Naturelle (1926) trouve son prolongement dans le procédé pictural du grattage. La Forêt en est une illustration. L’artiste a d’abord recouvert la toile de jaune, de rouge et de vert avant de la peindre en noir. Posée humide sur des planches et des objets divers, la surface peinte est grattée avec une spatule de maçon ou un couteau. Une forêt imaginaire surgit alors des veines du bois. Commencé en 1925, le cycle des Forêts trouve ses sources dans l’imaginaire romantique allemand. Mystérieuse et traversée par la lumière d’un pâle soleil d’hiver, la forêt qui s’élève ici telle une palissade infranchissable est aussi une métaphore de l’inconscient. Dans le sillage du collage ou du grattage, Ernst s’emploiera à perfectionner d’autres jeux enfantins, comme la décalcomanie ou l’assemblage. Manifeste de l’automatisme, son œuvre, lors de son exil aux États-Unis (1939-1953), influencera notamment la jeune génération américaine.

Un autre regard

  • Le surréalisme

    Le Surréalisme est un mouvement intellectuel, littéraire et artistique, ébauché vers 1919 à la suite du dadaïsme et défini par André Breton en 1924.

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