Cercueil anthropoïde de Psamétik fils de Sbarekhy

Egypte
VIe siècle av. J.-C.
Toile de lin encollée et enduite (cartonnage), bois.
188 x 54 x 46 cm
Crédit photographique :
Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. Lacroix
Acquisition :
Don de Gabriel de Saint-Ferriol, fils du comte Louis de Saint-Ferriol, en 1916
Localisation :
SA59 - Salle 59

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Véritable chef-d'œuvre de l’art égyptien ancien, le cercueil de Psamétik est sans nul doute l’une des pièces les plus importantes de la collection d’antiquités égyptiennes du musée. Tout à fait caractéristique des cercueils de la Basse Époque, et plus précisément de la période saïte, sa composition sobre sur fond blanc n’en est pas moins raffinée. Sa forme anthropoïde évoque le corps défunt momifié enserré dans son linceul. Le visage vert du masque funéraire, entouré d’une large perruque rayée, fait référence à Osiris en tant que dieu de la fertilité. Par cette entremise, le défunt souhaite s’intégrer au règne végétal et participer au renouvellement perpétuel de ses cycles. Un large collier ousekh garni d’éléments floraux est maintenu sur les épaules par deux attaches à tête de faucon, dont le traitement est particulièrement remarquable. Sous ce dernier apparaît une déesse Maât, ailes déployées, flanquée des deux divinités sœurs, Nephthys à droite et Isis à gauche. Les textes inscrits au registre inférieur sont d’un intérêt double. Tout d’abord, les hiéroglyphes qui les composent sont exécutés dans un souci de réalisme tout à fait saisissant. Chaque signe est détaillé à la perfection, révélant un des traits fondamentaux de la pensée des Égyptiens anciens : dessiner une image, c’est lui donner vie. Ensuite, leur contenu apporte des informations précieuses puisqu’il s’agit de formules tirées des Textes des Pyramides, auparavant inscrites sur les parois des célèbres tombeaux des pharaons de l’Ancien Empire. Postés de part et d’autre, en écho au texte qui les mentionne, les quatre enfants d’Horus, Hâpy et Qebehsenouf à droite, Amset et Douamoutef à gauche, protègent le défunt. Près des pieds, l’image d’Anubis allongé sur un naos évoque l’entrée de la tombe. Ainsi, observé dans son ensemble, le cercueil de Psamétik résume la structuration de la sphère funéraire : de l’espace architectural vers le corps physique de l’individu aspirant à la renaissance.

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