La Mort de saint Joseph

Jacques STELLA
vers 1655 - 1657
Huile sur toile
66 x 82 cm
Crédit photographique :
Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. Lacroix
Acquisition :
Don de la Société des amis du musée de Grenoble en 1997
Localisation :
SA07 - Salle 07

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Né dans une famille de peintres de Lyon, Jacques Stella se rend en Italie en 1616 où il fait la connaissance de Nicolas Poussin, devenant à la fois son disciple et son ami. Rentré en France en 1635, il est nommé peintre du roi par le cardinal de Richelieu et reçoit dès lors de nombreuses commandes officielles. Il rapporte dans la capitale la leçon de Poussin, celle d’un art mesuré et équilibré, nourri de références à l’Antiquité, tranchant résolument avec les compositions tourbillonnantes et les séductions chromatiques de la peinture de Vouet qui domine la capitale depuis 1627. La venue de Poussin lui-même entre 1640 et 1642 contribue au succès de cette peinture, plus intellectuelle que sensuelle, qui va dès lors incarner ce moment d’équilibre de l’art français désigné sous le nom d’« atticisme » parisien. Ce tableau de Stella, petite œuvre de dévotion privée que l’on situe dans les années 1655-1657, en est une illustration exemplaire. On y voit saint Joseph, vieillard au visage blafard étendu sur son lit de mort, veillé à la fois par le Christ, qui se désigne comme le chemin vers la Vie éternelle, et par la Vierge, très proche des Vierges de douleur des Pieta de la Renaissance. Ce sujet, emprunté à un évangile apocryphe du IVe siècle, l’Histoire de Joseph le charpentier, et offrant au croyant un exemple de dignité humaine à l’heure du trépas, sera remis à l’honneur par la Réforme catholique. Les gestes mesurés et dignes, les visages graves à l’émotion retenue, les coloris vifs, harmonieusement répartis sur la surface du tableau, les drapés disciplinés et la composition en frise, empruntés au bas-reliefs antiques, concourent à l’impression d’équilibre qui se dégage de l’œuvre. Les références aux peintures de Poussin sont nombreuses, en particulier dans le rideau drapé et la position du saint dans le lit funèbre, qui sont directement empruntés à La Mort de Germanicus, que Stella a pu voir lorsqu’il était à Rome. Cette œuvre, offerte par les Amis du musée en 1998, complète à merveille le fonds de peintures françaises du règne de Louis XIII qui est une des richesses de la collection de Grenoble.

Un autre regard

  • Les Amis du musée

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