Le Remorqueur

Fernand LÉGER
1920
Huile sur toile
103 x 132,5 cm
Crédit photographique :
VILLE DE GRENOBLE / MUSÉE DE GRENOBLE-J.L. LACROIX
Acquisition :
Achat à Fernand Léger en 1928
Localisation :
SA29 - Salle 29

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Après avoir fréquenté l’École des arts appliqués et l’Académie Julian, Fernand Léger s’installe à Paris en 1900 et entre en contact avec le milieu artistique parisien ; il se lie d’amitié avec Robert Delaunay, Marc Chagall et Blaise Cendrars. Séduit par le cubisme, il réalise peu avant la guerre une série de toiles à la limite de l’abstraction, construites selon un principe qui déterminera son œuvre, la « loi des contrastes » favorisant les rapports dynamiques entre les formes et les couleurs. Envoyé au front au début de la guerre, Léger parvient à faire de nombreux dessins dans les tranchées jusqu’à sa démobilisation fin 1917. Il revient convaincu que le monde est en train de changer et que la civilisation urbaine et industrielle est synonyme de modernité. Il va privilégier le thème de la ville, dont les affiches, les lumières et les vitrines le fascinent, et celui de la machine, une compagne de l’homme moderne. Entre 1920 et 1923, Fernand Léger représente à plusieurs reprises un bateau-remorqueur remontant lentement un fleuve devant un décor urbain et un fragment de paysage. Le Pont du remorqueur, conservé au Musée national d’art moderne-Centre Pompidou, est la version la plus proche du tableau de Grenoble, Le Remorqueur, peint en 1920. Fondée sur l’horizontale et la verticale, la composition est animée d’obliques et de formes circulaires qui produisent rythme et énergie. Les formes éclatées traduisent l’influence cubiste des années d’avant-guerre : les aplats géométriques se superposent et s’imbriquent dans une profusion de plans contrastés. Les droites s’opposent aux courbes, les pleins aux vides, les aplats de la machine aux modelés « tubulaires » des êtres vivants, le noir au blanc… Les détails décoratifs, tels les balustrades, les passerelles et le damier du quai, ponctuent la scène et renforcent la mise à plat de l’espace. Cette vision fragmentée, dynamique et colorée du monde est caractéristique de la période « machiniste » du peintre, elle symbolise la modernité et le progrès technique.

Un autre regard

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