Paysage à l'enfant

Paul KLEE
1923
Huile sur carton
28,7 x 41,5 cm
Crédit photographique :
Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. Lacroix
Acquisition :
Don de la Galerie Daniel-Henry Kahnweiler en 1935
Localisation :
SA30 - Salle 30

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Pendant dix ans, à partir de 1921, Paul Klee est professeur au Bauhaus à Weimar puis à Dessau. Son enseignement à la fois théorique et pratique enrichit sa propre création, de même que ses échanges avec les autres artistes de l’école, en particulier Kandinsky. En pleine possession de sa technique, il varie supports et matières, et multiplie des trouvailles iconographiques, réalisant au cours de ces années-là son œuvre la plus féconde. Le titre de ce tableau, Paysage à l’enfant, en facilite la lecture iconographique et stylistique. Les arbres, un château, des maisons et un petit personnage sont dessinés et peints dans un style naïf qui s’apparente à celui des enfants. Cette manière de peindre exclut tout naturalisme. Pour Paul Klee, l’art « ne reproduit pas le visible ; il rend visible ». Des motifs narratifs prennent place à la surface du tableau, de prime abord sans lien apparent les uns avec les autres si ce n’est l’unique couleur bleue de leur contour. Grand dessinateur, amoureux de la ligne, l’artiste en connaît tous les usages et toutes les subtilités. À l’aide d’un trait plus ou moins appuyé, il dessine des formes identifiables qui semblent se mouvoir dans un espace irréel. L’enfant a toute sa place dans ce monde imaginaire, comme le révèle celui qui est esquissé en bas à gauche et qui s’apprête à gravir l’escalier menant à la porte du château. Cette atmosphère qui rappelle celle des contes de fées est orchestrée par un espace pictural sans profondeur où l’application et le choix des couleurs jouent un rôle essentiel. Là encore Paul Klee fait preuve d’un métier parfaitement maîtrisé et original. Il a recours au tampon, davantage qu’à la brosse, pour poser sa peinture en de multiples taches qui se superposent, créant ainsi une texture particulière. Cette application en frottis renforce le caractère flou et mouvant du paysage, vu entre apparition et disparition. L’emploi d’une peinture fluide, proche du lavis, facilite le jeu subtil des superpositions et des transparences. La gamme qui s’étend du rouge garance au noir privilégie le rose, le violet et le bleu. Des taches lumineuses de blanc et de jaune, parsemées çà et là, sont autant de notes uniques. Le cadre, délicatement peint par l’artiste, rend cette œuvre encore plus singulière.

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