Vierge à l'Enfant entre saint Gérard, saint Paul, saint André et saint Nicolas

TADDEO DI BARTOLO
1395
Tempera sur bois
170 x 225 cm
Crédit photographique :
Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. Lacroix
Acquisition :
Dépôt du Musée du Louvre en 1876
Localisation :
SA01 - Salle 01

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Taddeo di Bartolo contribue activement dans la seconde moitié du Trecento et au début du Quattrocento au renouveau de la peinture siennoise. Très marqué par l’âge d’or de sa ville et les innovations de ses aînés, il fait rayonner l’art de Simone Martini en Italie tout en s’inscrivant dans le sillage de Giotto. Sensible à l’œuvre de Barnaba da Modena découvert à Gênes, l’artiste adopte un style bien spécifique, ouvert aux innovations du mouvement du « gothique international », dont témoigne le polyptyque du musée de Grenoble. Destinée à orner le maître-autel de San Paolo all’Orto, grande église de Pise, Vierge à l’Enfant entre saint Gérard, saint Paul, saint André et saint Nicolas est une commande de Gherardo Casassi degli Assi, haut dignitaire pisan dont on peut identifier les armoiries en bas du panneau central. Le retable compartimenté adopte la structure d’une église gothique avec sa nef et ses collatéraux. Majestueuse, la Vierge apparaît entourée à sa droite de saint Paul, le saint patron de l’église, et de Gérard de Villamagna, le saint protecteur du commanditaire et, à sa gauche, de saint André et de saint Nicolas. Taddeo di Bartolo s’ingénie ici, comme de nombreux peintres siennois du XIVe siècle, à renouveler l’iconographie de la Vierge à l’Enfant. Il s’inspire notamment des vierges de tendresse apparues au Xe siècle, elles-mêmes issues des icônes mariales byzantines. La figure de l’Enfant debout sur les genoux de sa Mère remonte à la Maesta de Simone Martini. Quant à la Vierge dans une gloire de séraphins, symboles de spiritualité, et remplaçant l’habituel trône ou coussin, ce pourrait être une concession faite au gothique français. Pour suggérer les plis serrés du manteau de la Vierge, l’artiste a recours à des filaments dorés hérités de Duccio et Guido da Sienna. Taddeo di Bartolo conserve toutefois son attachement aux conventions byzantines par le choix du fond d’or, traduction de l’espace divin, la taille de la Vierge en gloire, et certains détails comme les traits marqués des saints, révélateurs d’un style encore archaïsant. Outre ce polyptyque daté de 1395, Taddeo di Bartolo réalise par ailleurs à Pise deux polyptyques pour les communautés franciscaines entre 1390 et 1400. Démembré au moment des saisies napoléoniennes, le retable de Grenoble est incomplet, privé de sa prédelle et de ses pinacles.

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