Untitled (Blue head)

Thomas SCHÜTTE
2002
Céramique (tête), bois et métal (socle)
210 x 160 x 90 cm
Crédit photographique :
Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. Lacroix
Acquisition :
Achat à la Galerie Nelson en 2003 avec la participation du FRAM

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Figure controversée de l’art allemand, Thomas Schütte est considéré aujourd’hui au plan international comme l’un des artistes les plus doués de sa génération. Sculpteur virtuose maniant les matériaux traditionnels comme le bois, la glaise ou le bronze, auteur de plusieurs centaines d’aquarelles, il s’est fait connaître au début des années 80 en exposant des maquettes d’architecture en bois peint, aux formes simples et évidentes. Métaphores à la fois naïves et graves de la vie dans l’Europe de la guerre froide, ces œuvres témoignent de l’engagement de l’artiste dans le débat contemporain. Sur un mode qui renvoie à la fois à l’enfance – les maquettes apparaissent tels de grands et merveilleux jouets – et à l’Histoire – l’architecture considérée comme modèle de société –, Schütte construit, d’une manière subtile et poétique, une œuvre à part. Ainsi, il est un des premiers artistes au début des années 80 à reconsidérer la question de la figure humaine, qu’il aborde sur un mode résolument expressionniste, de l’échelle de la miniature à celle du monumental. Ce faisant, il compose une galerie de portraits fascinants qui empruntent autant à la tradition classique de la tête de caractère qu’à la caricature selon Daumier. De même, ces dernières années, il a entrepris une série impressionnante de grands personnages, mi-hommes, mi-robots dont l’aspect échevelé renvoie à la statuaire baroque, et une variation belle et inquiétante autour du nu féminin qui, sans masquer ses références aux grands maîtres de l’art moderne, affirme aussi sa profonde originalité.
En 2002, Schütte a réalisé quatre grandes et belles têtes d’homme en terre cuite vernissée de différentes couleurs. Untitled (Blue Head) fait partie de cette série. Reposant sur un plateau de bois posé sur des pieds de métal, elle s’élève à deux mètres dix du sol, dominant le spectateur, majestueuse et monumentale. Très sarcastique, la figure fronce les sourcils et esquisse un sourire dubitatif, à la manière des « têtes de caractère » de Franz Xaver Messerschmidt. Elle constitue un portrait sans concession d’une facette de l’âme humaine, mais Schütte la traite cependant avec tendresse et fantaisie.

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