Léon Tutundjian. Poétique du cosmos
À partir de 130 œuvres emblématiques des différentes périodes de sa création, complétées par quelques œuvres de ses contemporains (Van Doesburg, Hélion, Arp, ), le musée de Grenoble présente du 30 mai au 30 août 2026, en partenariat avec la Fondation Léon Tutundjian, la première rétrospective dédiée à l’artiste franco-arménien (1905-1968).
Installé en France en 1924 après avoir fui le génocide arménien, Tutundjian a participé à partir des années 1920 aux grands mouvements de l’art abstrait, de l’Art Concret, d’Abstraction-Création, proche de théoriciens comme Teo Van Doesburg, Jean Hélion, qui saluent en lui un visionnaire. Régulièrement cité, source d’inspiration pour Arp ou les mobiles de Calder, son œuvre est peu reproduite.
Artiste discret aux dessins trop délicats pour s’imposer, il existe peu d’éléments concernant la vie de Tutundjian. Vivant humblement en banlieue parisienne, il a plusieurs fois changé de style, d’abord abstrait, proche des collages cubistes, biomorphique, puis surréaliste, abstrait de nouveau, déroutant les historiens de l’art enclins à catégoriser ; privilégiant l’expérimentation permanente à la répétition de formes, naviguant de la science à l’onirisme. Il constitue un pont entre ces tendances que l’on a tendance à opposer.
Les œuvres étaient jusque récemment peu nombreuses dans les collections publiques, ne permettant pas l’organisation d’expositions. Et pourtant, Tutundjian constitue un des chaînons manquants de l’art moderne, faisant circuler inspirations philosophiques et formes plastiques entre les mouvements artistiques.
Le musée de Grenoble possède une exceptionnelle collection d’art abstrait : van Doesburg, Klee, Calder, Jean Gorin. Il était tout indiqué pour accueillir cette rétrospective, la première d’un artiste né il y a 120 ans. Une monographie dédiée à l’artiste offrira la première vision scientifique sur cet artiste, dans les pas de l’ouvrage publié en 1994 par Gladys Fabre.