Anne Truitt
Bien que reconnue depuis longtemps aux États-Unis comme une des figures majeures de l'art minimal, Anne Truitt (1921 - 2004) n'a jamais fait l'objet d'une rétrospective en Europe. En collaboration avec la Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen de Düsseldorf et le musée Reina Sofia de Madrid, le musée de Grenoble invite à découvrir cette artiste qui a cherché, par son langage sculptural, à libérer la couleur dans l'espace. L'exposition rassemble environ 120 oeuvres (sculptures, peintures et dessins), de ses premiers essais de sculptures en 1959 aux productions de ses dernières années. Dans la continuité des expositions Alina Szapocznikow ou Charlotte Perriand, le musée met les femmes au coeur de l'histoire de l'art du XXe siècle.
Au cours des années 1960, Anne Truitt travaille à la simplification de la forme sculptée, élaborant la matrice de la sculpture-colonne en bois, qu'elle explore jusqu'à la fin de sa vie. Cette radicalité lui vaut d'être reconnue, dès 1967, comme une artiste pionnière de l'art minimal, notamment par le critique Clement Greenberg. Pourtant, elle se détourne par la suite de cette étiquette et du détachement formel et industriel associé à ce mouvement. Parallélépipèdes méticuleusement construits, puis recouverts à la main avec jusqu'à quarante couches de peinture acrylique, les oeuvres d'Anne Truitt revendiquent au contraire la fusion de la forme et de la couleur en une expérience sensorielle et sensuelle totale, imprégnée de ses propres souvenirs, idées et émotions. Elles invitent à une contemplation méditative et poétique, où l'artiste se laisse deviner à travers l'ambiguïté d'un titre ou le détail d'un coup de pinceau. L'exposition suivra un parcours chronologique, éclairant les subtiles variations qui animent la carrière de l'artiste.