Arlequin

[Cartel de l’exposition Hommage à Andry-Farcy. Un conservateur d'avant-garde 1919-1949, musée de Grenoble, 26 juin - 24 novembre 2019]
À l’âge de 18 ans, Jacques Lipchitz quitte sa Lituanie natale
pour venir se former à Paris. Élève à l’École des beaux-arts,
il complète son apprentissage à l’Académie Julian et au
Louvre qu’il fréquente assidûment. Ses premières oeuvres
vraiment personnelles datent de 1913, l’année où il entame un
processus de création qui a pour point de départ le cubisme.
Ses liens avec les cubistes, en particulier avec Picasso et
Juan Gris, jouent un rôle déterminant dans l’évolution de son
art. Durant toutes ces années, son thème de prédilection
demeure la figure humaine.
Après avoir opté pour la simplification des formes, tel que
le montre son célèbre Marin à la guitare de 1914 (Musée
national d’art moderne / Centre Pompidou, Paris), il exécute
en 1915-1916 des sculptures abstraites qui s’apparentent à
des architectures, puis revient à un cubisme plus classique
dont l’Arlequin est un exemple. Le thème de l’Arlequin revient à
plusieurs reprises dans son oeuvre, en référence à la peinture
de Watteau qu’il admirait. Très schématisés, la coiffe, la
collerette et le boutonnage du costume suffisent à identifier ce
personnage. Grand amateur de musique, Lipchitz collectionnait
des instruments qu’il reproduisait volontiers, à l’instar des
cubistes. Ici, de façon très habile, il superpose et confond le
bras droit avec une clarinette tandis que des notes de musique
sont gravées sur une surface lisse qui tient lieu de partition. Le
profil du pied posé à l’avant s’apparente lui aussi à une note de
musique et le contour du bras gauche à celui d’une guitare.
Un autre regard
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Autour du cubisme
L'invention du cubisme par Picasso et Braque entre 1907 et 1914 fut déterminante pour l'évolution de l'art moderne.