Le portrait au XIXe siècle

Le genre du portrait est particulièrement florissant dans l’art français au XIXe siècle. Les commanditaires changent et les artistes gagnent en indépendance.

Les bourgeois parisiens ou provinciaux apprécient de décorer leurs demeures avec des portraits individuels ou familiaux à travers lesquels ils ont le sentiment de transmettre leur réussite.
L’invention de la photographie à la fin des années 1820  conduit à une transformation des pratiques :  qu’ils soient réalistes ou  romantiques, les portraits rivalisent dans leur forme avec cette technologie naissante, fidèles reproductions du modèle savamment mis en scène dans des décors privés ou tentatives de portraits plus psychologiques.

La collection du musée de Grenoble comporte un bel ensemble de portraits du XIXe, notamment des œuvres d’inspiration néo-classiques au début du siècle et d’autres, résolument modernes, plus tardives. C’est toutefois les courants du réalisme et du romantisme qui sont le plus représentés.

  • Etude de tête de femme, dite La Folle

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Jacques-Louis DAVID
    Date : vers 1780
    Dimension : 48 x 40 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Legs de Victoria Fantin-Latour née Victoria Dubourg en 1921, entré dans les collections en 1926
    Localisation : SA15 - Salle 15

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    Œuvre de jeunesse du peintre néoclassique Jacques-Louis David, cette étude de femme aux yeux grands ouverts, au regard fixe et à la coiffure échevelée a pour sous-titre La Folle. Loin de l’idéal de perfection qu’il recherchait dans ses tableaux, David exécute ici un portrait pris sur le vif. Saisi à grands coups de brosse, ce buste révèle un métier maîtrisé, une matière fluide et généreuse. La sobriété des couleurs, un camaïeu de bruns et d’ocres, est remarquable. L’usage du frottis pour le fond, technique chère à l’artiste, engendre des vibrations et participe son écriture enlevée.

  • Portrait de Benjamin Rolland

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Anne-Louis GIRODET DE ROUSSY TRIOSON ou GIRODET-TRIOSON
    Date : 1816
    Dimension : 64 x 53 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Achat à Benjamin Rolland en 1847
    Localisation : SA15 - Salle 15

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    Disciple de David, Girodet affirme son art entre les deux grands courants du XIXe siècle, le néo-classicisme et le romantisme.

    Ce portrait sur bois représente Benjamin Rolland, second conservateur du musée de Grenoble et directeur de l’École de dessin, de 1817 à 1853. L’usage du frottis pratiqué par Girodet dans ce tableau rappelle les portraits de David durant la période révolutionnaire. La touche frémissante, qui dépeint l’étoffe du manteau couleur bronze et la chevelure blonde, entre en contraste avec la finesse du traitement du visage. Posant sur un fond blanc crémeux, le modèle impassible capte l’attention du spectateur par la hardiesse de son regard.

  • Tête de la Grande Odalisque

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Jean Auguste Dominique INGRES
    Date : 1814
    Dimension : 33 x 33,5 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Don de Pierre et Elisabeth Cartier au Musée du Louvre en 1938.
    Dépôt au Musée de Grenoble en 1976.

    Localisation : SA15 - Salle 15

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    La Grande Odalisque a été peinte à Rome où Ingres est arrivé en 1806 comme pensionnaire de l'académie de France. Il est resté en Italie jusqu'en 1824 car son art déplaisait à Paris. Au Salon de 1819, ce célèbre chef-d’œuvre remporte un succès de scandale. Ingres décline sa composition en de multiples répliques, dont trois reprennent le motif de la tête tournée vers le spectateur, la chevelure couverte sous un turban oriental. Cette beauté idéale offre de belles similitudes avec La Fornarina de Raphaël. L’arrondi du menton et de l’épaule, la courbe des lèvres finement ourlées, les ondulations de la coiffure sur le front ainsi que les nœuds du turban témoignent à leur façon d’une sensualité troublante.

  • Portrait d'un artiste

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Ary SCHEFFER
    Date : 1830
    Dimension : 118 x 90 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Don de Léon de Beylié en 1901
    Localisation : SA16 - Salle 16

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    Proche de Géricault, Ary Scheffer est l’une des principales figures du romantisme.

    Il représente ici un peintre qui pose en tenue de travail avec ses attributs mais toute l’attention est savamment dirigée sur le personnage. L’ample vêtement au rouge intense, le foulard noué autour du cou avec souplesse et le col blanc conduisent l’œil vers un visage dont la pâleur est amplifiée par l’éclairage frontal et les bruns de l’arrière-plan. Derrière les fines lunettes, le regard exprime une profonde gravité teintée de rêverie. L’expression à la fois inquiète et pénétrante font de ce tableau un portrait emblématique du talent de Scheffer à saisir la psychologie de ses modèles.

  • Enfant au cerceau (Jules Vallemont)

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Jean-François MILLET
    Date : 1841
    Dimension : 127 x 89 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Don de Léon de Beylié en 1897
    Localisation : SA16 - Salle 16

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    Ce tableau de Millet appartient à la période où il réalisait essentiellement des portraits. Jules-Alphonse, le fils de son notaire, pose ici debout, de trois-quarts, dans un environnement sans lien direct avec la scène. La façon quelque peu affectée dont l’enfant tient son cerceau et le raffinement de ses vêtements évoquent le milieu social des commanditaires. La chemise bleue, mouchetée d’or, aux manches soigneusement fermées aux poignets, le col baptiste et l’ample pantalon blanc chatoyant sont les morceaux les plus réussis du tableau. Le regard intense du garçon engage un dialogue avec le spectateur et donne de l’enfance une vision plus grave que joyeuse.

  • Le Maître d'armes

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Tancrède BASTET (Jean Célestin Tancrède BASTET, dit)
    Date : 1890
    Dimension : 114 x 83 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Don de M. Barthélémy en 1900
    Localisation : SA20 - Salle 20

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    Tancrède Bastet entre à l’école des beaux-arts de Paris, dans l’atelier de Cabanel, en 1870. Ce tableau est un portrait de Monsieur Barthélémy, notable grenoblois, en maître d’armes. Vêtu de son costume de combat, il pose avec fierté.

    Remarquable portraitiste, Bastet s’attache à rendre, avec force détails et souci d’exactitude, le caractère trempé du personnage ainsi que son costume et ses accessoires. Sa chevelure et Sa moustache soignées témoignent de son rang et de son élégance. La palette est réduite à un camaïeu de blanc et de gris brun déclinés en de multiples nuances.

    Le regard droit dirigé vers l’adversaire révèle la détermination de l’homme prêt au combat.

  • Portrait de Louise Riesener

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Henri FANTIN-LATOUR
    Date : 1880
    Dimension : 100 x 80 cm
    Crédit : VILLE DE GRENOBLE / MUSÉE DE GRENOBLE-J.L. LACROIXDomaine public
    Acquisition : Legs de Mme Eschollier aux musées nationaux en 1969 pour être déposé à Grenoble.
    Dépôt du Musée du Louvre en 1973.

    Localisation : SA22 - Salle 22

    Détails

    Fantin-Latour est considéré de son vivant comme l’un des plus grands portraitistes de son époque. La jeune femme représentée ici est la fille d’un ami récemment décédé. Sa tenue de deuil est sobre mais élégante, la dentelle blanche du nœud papillon et des poignets apportant une touche de fantaisie au noir profond de la robe. En l’absence de tout décor, la silhouette féminine se détache sur un fond uni brun clair qui contraste avec les teintes sombres des vêtements et les met en valeur. Dans ce jeu délicat des noirs et des gris, Fantin-Latour révèle son talent de coloriste. La facture très soignée, témoigne de l’observation scrupuleuse du peintre et de son constant souci d’exactitude.

  • Autoportrait

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Edouard d' APVRIL
    Date : XIXe siècle
    Dimension : 131 x 89 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Don de Mme Coste, fille de l'artiste, en 1946
    Localisation : SA20 - Salle 20

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    Grâce à une bourse décernée par la Ville de Grenoble, Édouard d’Apvril se forme à Paris. À son retour en Isère, il se spécialise dans les scènes de genre et le portrait.

    L’artiste se représente ici en homme de son temps. Le bras droit dans le dos et la main gauche à la poche, il adopte une pose pleine d’assurance. Abandonnant les attributs du peintre, il est coiffé d’un feutre noir, habillé d’un long pardessus, prêt à aller rejoindre les cercles artistiques grenoblois. L’atmosphère sombre, dissimulant dans l’ombre la moitié du visage déjà caché par une grosse moustache, est tempérée par les teintes chaudes de l’arrière-plan. À travers de fines lunettes rondes, un sentiment de douceur émane de ses yeux myopes qui deviendront aveugles à la fin de sa vie.

  • Portrait de Madeleine Bernard (recto)
    La Rivière blanche (verso)

    Médium :
    Auteur : Paul GAUGUIN
    Date :
    Dimension :
    Crédit : VILLE DE GRENOBLE / MUSÉE DE GRENOBLE-J.L. LACROIXDomaine public
    Localisation : SA23 - Salle 23

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    Madeleine Bernard n’a que dix-sept ans lorsqu’elle rejoint son frère, le peintre Émile Bernard, à Pont-Aven en été 1888. Fasciné par la jeune femme, Gauguin, de vingt-trois ans son aîné, peint son portrait, assise à mi-corps dans un intérieur décoré par une gravure dont seule la partie inférieure est visible. Cheveux relevés en chignon et regard énigmatique, la jeune femme semble plongée dans ses rêves, dans une posture peu classique qui peut s’interpréter comme l’ennui, la fatigue ou encore l’indifférence.

    Gauguin cerne les formes et simplifie les plans, la profondeur est suggérée par le sol et la présence des mules dans le coin inférieur droit. Il procède par grands aplats de couleur, réduisant ainsi le modelé et les ombres dans un esprit de « synthétisme ».