Le Boeuf écorché

Chaïm SOUTINE
1925
Huile sur toile
202 x 114 cm
Crédit photographique :
VILLE DE GRENOBLE / MUSÉE DE GRENOBLE-J.L. LACROIX
Acquisition :
Achat à la Galerie Pierre Loeb en 1932

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[Cartels de l’exposition Hommage à Andry-Farcy. Un conservateur d'avant-garde 1919-1949, musée de Grenoble, 26 juin - 24 novembre 2019]

Chaïm Soutine reçoit son premier enseignement artistique à Vilnius avant de partir à Paris en 1913. À Montparnasse, il se lie d’amitié avec Modigliani et son marchand Zborowski, et ce n’est qu’à partir de 1922, lorsque le collectionneur américain Albert Barnes lui achète un grand nombre de tableaux, qu’il connaît l’aisance et un certain succès.
En 1925 Soutine réalise une série de toiles sur le thème du boeuf écorché qui a pour point de départ un tableau du Louvre : La Carcasse de boeuf de Rembrandt. Il choisit cette oeuvre non pour la copier mais pour l’interpréter et, à partir de là, inventer sa propre peinture. Ne pouvant travailler qu’en présence d’un modèle, il fit installer une carcasse de boeuf dans son atelier et, sans dessins préparatoires, exécuta plusieurs versions de ce sujet, celle de Grenoble étant la plus magistrale. On pénètre tout autant dans les entrailles de l’animal que dans la peinture elle-même. L’oeuvre est aussi une évocation de la crucifixion que sert et exalte la fusion des formes et des couleurs. À travers cette image surprenante où la vie côtoie la mort, l’artiste parvient à restituer l’émotion et le tourment que lui ont procuré l’acte de peindre.


"L’École de Paris"

Ancien étudiant aux Arts décoratifs et aux Beaux-Arts de Paris, Andry-Farcy, continue toute sa vie de visiter fréquemment la capitale et d’y avoir des relais (les artistes d’origine dauphinoise Jules Flandrin, Jacqueline Marval et Pierre-Antoine Gallien). Le conservateur y fréquente par ailleurs les galeries d’art moderne les plus significatives : Bernheim-Jeune (Gauguin, Modigliani, Bonnard), Paul Guillaume (De Chirico, Derain), Daniel-Henry Kahnweiler (Klee, Manolo), et surtout la galerie Pierre, dirigée par Pierre Loeb. Chez ce marchand, représenté avec son frère dans cette salle par Marcel Gromaire (Les Deux frères), Andry-Farcy effectue 9 achats dont l’une des plus célèbres peintures du musée : Le Bœuf écorché de Chaïm Soutine.
Andry-Farcy soutient activement l’École de Paris, portée par un réseau hétérogène d’artistes résidant à Montparnasse, parfois liée au monde du théâtre (Christian Bérard, Pavel Tchelitchew, Jean Cocteau). En 1937, le don par Hermine David et Lucy Krohg de 7 peintures et 32 dessins de Jules Pascin complète cet ensemble, représentatif du Paris de l’entre deux-guerres.

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