Office Edit II with color shift, Flip, Flop and Flip/Flop

Bruce NAUMAN
2001
3 DVD
Crédit photographique :
Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. Lacroix
Acquisition :
Achat à la Galerie Konrad Fischer en 2003

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Très tôt, Bruce Nauman abandonne la peinture pour s’intéresser à la sculpture, à la performance et au cinéma. Dès la fin des années 60, il réalise dans son atelier des vidéos qui interrogent notamment les relations du corps à l’espace. Parallèlement, la bande sonore lui suggère l’idée d’expérimenter l’oralité du texte, sa sonorité, son rythme. Par la suite, la manipulation de textes et d’images par l’intermédiaire de tubes néon lui permet de mettre en évidence les liens complexes qui les unissent. Dans les années 80, un certain nombre d’installations vidéo traitent de la difficulté d’être et de communiquer en mettant en scène des acteurs au jeu délibérément outré. Plus largement, l’artiste conduit une réflexion sur l’état du monde et les formes d’aliénation produites par la société contemporaine. Ainsi confiait-il récemment dans l’un de ses rares entretiens : « Beaucoup d’œuvres ont une relation à la frustration et à la colère en rapport avec la situation sociale, elles ne sont donc pas tant concernées par des incidents personnels que par des questions se rapportant au monde ou aux mœurs. »
Office Edit II, réalisé selon les mêmes principes que Mapping the Studio, présente une vue fixe d’un coin de l’atelier de l’artiste filmé la nuit après son départ à l’aide d’une caméra infrarouge, alors que l’espace devient le champ d’investigation des souris. Le film dure une heure et il est ponctué par des changements d’angles de vue, des renversements du sens de l’image et des variations chromatiques, autant d’événements qui troublent les habitudes perceptives du spectateur. Éloge du « rien », de la tabula rasa, cette œuvre réalisée durant l’été précédent le 11 septembre 2001 mais présentée à New York dans les mois qui suivirent s’est chargée d’une résonance particulière, apparaissant comme un constat de la vanité de toute création et une métaphore de ce « rien » nécessaire à l’émergence d’une pensée, d’une forme, d’un monde à réinventer.

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