Jackie

Andy WARHOL (Andrew WARHOLA, dit)
1964
Encre sérigraphique et acrylique sur toile
50,8 x 40,6 cm
Crédit photographique :
Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. Lacroix
Acquisition :
Achat en 2004, avec la participation du FRAM
Localisation :
SA39 - Salle 39

Voir sur navigart

Figure majeure du Pop art américain, Andy Warhol est désormais considéré comme l’un des plus grands artistes de la deuxième moitié du XXe siècle. Né à Pittsburgh, fils d’émigrés tchèques, Andrew Warhola est fasciné dès son enfance par le monde des stars hollywoodiennes. En 1949, date de son installation à New York, il supprime la dernière lettre de son patronyme et ne tarde pas à s’imposer comme dessinateur publicitaire. Il réalise ses premières toiles en 1960 en empruntant ses sujets à l’imagerie populaire : bandes dessinées, à l’instar de Roy Lichtenstein, ou agrandissements d’étiquettes de produits familiers. Encore expressionnistes dans le traitement de leurs surfaces, ses toiles vont rapidement faire place à une manière plus contrôlée. Les compositions adoptent un aspect sériel, comme dans les Boîtes de soupes Campbell ou les Bouteilles de Coca-Cola. Enfin, bien que Warhol ait expérimenté cette technique dès 1961, ce n’est qu’à partir d’août 1962 qu’il adopte définitivement un procédé mécanique d’application sérigraphique sur toile qui va lui permettre l’élaboration de séries, dont le même motif est répété plusieurs fois, à partir de photographies glanées dans la presse à grande diffusion. Se succèdent alors les séries consacrées aux stars de cinéma (Marilyn, Liz, Elvis), aux désastres (Suicide, Accident de voiture, Empoisonnement), aux faits de société (Bombe atomique, Chaise électrique, Émeute raciale)… La période initiale de son œuvre peinte s’achève brutalement le 3 juin 1968 lorsque Valerie Solanas tente de l’assassiner à coups de revolver. Il en réchappe de justesse, mais de manière hautement symbolique, cet événement dramatique clôt la première partie de sa carrière.
La série consacrée à Jackie Kennedy, que l’artiste a développée dans les semaines qui suivirent l’assassinat du président John Fitzgerald Kennedy (le 22 novembre 1963), s’appuie sur les deux temps de l’événement : avant et après le drame. Avant, c’est l’image rayonnante de Jackie arrivant à Dallas, vêtue de son célèbre tailleur rose. Après, c’est Jackie en deuil durant la cérémonie des funérailles. Plus encore que l’image de l’épouse endeuillée, c’est celle de Jackie souriante qui a valeur de symbole ici. À l’instar des portraits de Marilyn, Warhol crée une forme de vanité moderne où l’on peut lire, par-delà la beauté, la gloire ou le bonheur, les naufrages et les drames à venir.

Un autre regard

Découvrez également...