Fragment de paroi conservant l'image d'une déesse offrant le signe de vie au roi

Egypte, Karnak nord
IVe siècle av. J.-C.
Grès jaune
166 x 79 x 11,2 cm
Crédit photographique :
Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. Lacroix
Acquisition :
Don de Gabriel de Saint-Ferriol, fils du comte Louis de Saint-Ferriol, en 1916
Localisation :
SA58 - Salle 58

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Si l’origine de ce bas-relief a longtemps été discutée, il paraît aujourd’hui vraisemblable de le rattacher au « temple haut » situé dans l’enceinte de Karnak-nord. L’identification de sa provenance apporte de nombreux éclairages sur cet objet et permet de mieux comprendre sa fonction et les figures qui le recouvrent. Lors de sa visite en 1829, Champollion fait une description complète du petit sanctuaire dont il est question ici, précisant qu’il était voué aux dieux Amon-Rê et Montou-Rê et mentionnant le pharaon Nectanébo II. En avril 1842, le comte de Saint-Ferriol visite Karnak et en rapporte un bloc d’un monument de la zone nord indiquant le nom du même roi ; il s’agit sans nul doute de cette pièce. Remis dans son contexte, ce fragment révèle toute sa richesse et sa valeur. À droite, le personnage coiffé de la couronne rouge (desheret) et muni d’un pagne duquel s’échappe une queue de taureau, attributs éminemment royaux, représente Nectanébo II. Il incarne ici le pouvoir de Basse-Égypte. À côté de lui, dans un geste protecteur et enveloppant, une déesse pose sa main gauche sur l’épaule du roi. De la main droite, elle porte au nez du souverain le signe ânkh, associé au souffle vital. Vêtue d’une longue robe moulante, la divinité porte une large perruque surmontée d’une dépouille de vautour. Elle peut incarner Mout tout autant que Rattaouy, parèdres respectives des dieux Amon-Rê et Montou-Rê. Mouvement, délicatesse et sobriété des traits tout à la fois définissent une iconographie innovante orientée vers le réalisme. Quelques traces de polychromie soulignent la plasticité des figures et rappellent le rendu originel des parois de temples égyptiens, entièrement recouvertes de peintures colorées.
Héritages artistique et historique se combinent pour témoigner d’une période en déclin mais ô combien importante. Nectanébo II fut le dernier pharaon indigène avant les invasions des Perses puis des Macédoniens qui conduisirent peu à peu vers l’hégémonie gréco-romaine. Son règne marqua un tournant dans l’histoire de l’Égypte ancienne. Ce bas-relief en est l’incarnation.

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