A ciel ouvert

Petit tour d’horizon (et de ciels) dans les collections du musée !

Découverte de quelques chefs-d’œuvre du XVIIe au XXe siècle, dans lesquels le ciel est au cœur des préoccupations des artistes. Depuis ses fonctions narratives ou symboliques des grandes compositions baroques du XVIIe siècle, jusqu’à ses aspects les plus abstraits dans la peinture du XXe siècle. Dans tous les cas, le ciel est une ouverture pour l’œil et l’esprit !

  • L'Adoration des mages

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Abraham BLOEMAERT
    Date : vers 1624
    Dimension : 434 x 290 cm
    Crédit : Prise de vue interne, Musée de GrenobleDomaine public
    Acquisition : Dépôt de l'Etat en 1811
    Localisation : SA02 - Salle 02

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    D’emblée, les cinq mètres de hauteur de ce retable nous impressionnent ! C’est pourtant tout à fait standard dans une église baroque du XVIIe. Les plafonds s’élevant à 20 ou 30 mètres, il faut prévoir grand pour le décor ! Le fidèle est invité à lever la tête en permanence. C’est ce que prévoit le peintre, Bloemaert. L’ensemble des lignes de composition de son tableau nous conduisent vers les hauteurs. L’image doit être littéralement une ouverture vers les cieux. Ici notre regard est attiré par l’étoile filante. Le peintre suit le texte biblique (l’Évangile de Matthieu) évoquant l’étoile qui conduisit les rois mages jusqu’à Bethléem. Des anges virevoltants en tous sens, accompagnent le mouvement de l’astre. Prenant appui sur les nuages, ils déploient une grande énergie à protéger la Vierge et l’enfant d’un somptueux dais rouge. Que de mouvement, d’animation et de lumière autour de cet évènement, clairement présenté comme surnaturel et divin !

  • L'Annonciation

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Francisco de ZURBARAN
    Date : 1638 - 1639
    Dimension : 266 x 184,5 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Don de Léon de Beylié en 1901
    Localisation : SA08 - Salle 08

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    Le très impressionnant ensemble de Zurbaran du musée de Grenoble est unique en Europe. Peint en 1638 pour une chartreuse du sud de l’Espagne, il raconte les premiers jours de la vie du Christ, ainsi que l’Annonciation. Bien qu’une très grande importance soit apportée au réalisme et à l’individualisation de chacun des protagonistes, une dimension surnaturelle imprègne ces scènes, essentiellement par le ciel, qui entre littéralement dans l’espace. Au dessus de l’ange Gabriel s’approchant de Marie, une nuée s’ouvre, laissant entrer la colombe, symbole du Saint Esprit. Le ciel doré et les nuages sombres qui couvrent cette scène sont constitués de dizaines de petites têtes d’angelots aux visages poupins ! Dans le second tableau, l’Adoration des bergers, ce sont des anges musiciens (ce que l’on appelle une Gloire d’anges) qui accueillent le nouveau né, baigné de lumière dans son berceau et dévoilé par sa mère aux yeux des bergers. L’évènement vient du ciel, cela ne fait aucun doute !

  • Le Christ mort sur la Croix

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Philippe de CHAMPAIGNE
    Date : 1655
    Dimension : 227 x 202 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Saisie révolutionnaire en 1799 (Grande Chartreuse)
    Localisation : SA08 - Salle 08

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    Quel terrifiant spectacle que cette crucifixion ! Champaigne met en scène cet évènement en usant de tous les artifices qu’utiliserait un cinéaste. Le christ mort, à la musculature digne d’une sculpture de marbre antique, occupe tout l’espace de cette toile. Pourtant, le décor est aussi finement travaillé et mis en lumière par un savant effet crépusculaire ou orageux, on ne sait trop dire…Au loin, les murailles de Jérusalem apparaissent tel un mirage sous ce puissant éclairage céleste. Le peintre s’inspire des écrits de Luc : « Le soleil s’éclipsant, l’obscurité se fit sur le pays tout entier. ». Il insiste sur la dimension surnaturelle de l’évènement, est-ce le crépuscule, un orage ou une éclipse ? Ces trois phénomènes sont en fait combinés par le peintre. Le temps semble se figer sur cette scène hautement symbolique pour les chrétiens.

  • L'Entrée du Grand Canal, avec Santa Maria della Salute et le canal de la Giudecca, vue de l'extrémité occidentale du Môle

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : CANALETTO (Giovanni Antonio CANAL, dit)
    Date : vers 1726 - 1728
    Dimension : 194 x 204 cm
    Crédit : VILLE DE GRENOBLE / MUSÉE DE GRENOBLE-J.L. LACROIXDomaine public
    Acquisition : Achat à M. Charles Auguste George en 1842
    Localisation : SA14 - Salle 14

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    Venise ! Un ciel plombé, gris, orageux…et surtout très présent ! Il occupe près des 2/3 de ce paysage. Canaletto utilise une chambre noire (l’ancêtre de l’appareil photographique) pour cadrer son composition, ce qui impose un format carré. Il s’agit donc d’une vue très réaliste, dont le peintre a délibérément voulu rendre les effets atmosphériques en ouvrant largement sur le ciel. Les couleurs sont elles aussi finement étudiées. Tout le décor est décrit dans un subtil camaïeu oscillant du gris aux bruns. Pour réveiller notre œil, un rouge vif est parsemé à travers toute la toile (sur les costumes des gondoliers ou les drapeaux des bateaux) jusque dans le ciel ! En observant bien, on peut voir la délicate strate rouge du soleil couchant sur les toits de l’ile de la Giudecca dans le lointain. En remontant ensuite dans ce ciel chargé, de délicates teintes de roses viennent colorer les nuages et jouer avec les bleus et les blancs de ce ciel imposant.

  • Lac en Ecosse. Après l'orage

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Gustave DORÉ
    Date : 1875 - 1878
    Dimension : 90 x 130 cm
    Crédit : VILLE DE GRENOBLE / MUSÉE DE GRENOBLE-J.L. LACROIXDomaine public
    Acquisition : Legs du Docteur Jean-Baptiste Fuzier en 1880
    Localisation : SA17 - Salle 17

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    Le titre nous annonce le programme de Doré. Nous sommes « après l’orage ». Quoi de plus romantique et sensationnel qu’un lac lugubre, dans les contrées lointaines d’une terre de légendes comme l’Écosse, pour offrir un effet d’orage ! Tout ici concourt à nous donner quelques frissons. Ce lieu peu hospitalier à l’atmosphère humide est comme théâtralisé par le mouvement des nuages. Ils semblent tout juste se lever après une grosse averse, laissant percer un timide soleil qui peine à réchauffer les lieux. Ses quelques rayons viennent effleurer les reliefs de ce paysage presque fantastique, en tout cas désertique ! Seuls deux oiseaux flottent au centre du tableau, à peine visible, poussant peut-être un cri raisonnant dans le creux de cette vallée de contes de fées. En voilà un vrai décor de film (bien avant l’heure) !

  • Le Port d'Anvers

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Eugène BOUDIN
    Date : 1876
    Dimension : 69 x 97 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Attribution par l'Office des Biens et Intérêts Privés en 1949
    Musée du Louvre
    Dépôt au Musée de Grenoble en 1951

    Localisation : SA23 - Salle 23

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    Le vent siffle dans nos oreilles et les nuages défilent à toute vitesse. Eugène Boudin, spécialiste de marines, est considéré comme le maître de Monet. Ce dernier, l’ayant rencontré en Normandie, s’était étonné de la répétition de ses thèmes. Incroyable pour celui qui deviendra le maître impressionniste des séries ! Mais pour Boudin, le ciel et la mer sont un sujet intarissable. L’effet atmosphérique retient toute son attention. Il parvient à donner l’illusion que les voiles claquent, que les mâts bougent, que l’eau ondule. On observe même une trouée lumineuse, les rayons du soleil passant un bref instant au travers de ce ciel tourmenté. Boudin fut surnommé le « roi des ciels » par ses pairs. Mais pourquoi peindre sans cesse les bords de mer ? Parce qu’ils changent…au gré des heures, du temps, des saisons…La voie est ouverte à l’impressionnisme !

  • Coin de l'étang à Giverny

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Claude MONET
    Date : 1917
    Dimension : 117 x 83 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Don de l'artiste en 1923

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    On retient de Monet l’invention de l’impressionnisme en 1872 avec son célèbre paysage Impression, soleil levant, qui donne son nom au mouvement. On oublie souvent qu’il fut également l’un des botanistes les plus pointus de son temps. Il enrichit son jardin de Giverny d’essences rares et exotiques, dans un esprit japonisant (une mode depuis peu importée par les estampes). Cet écrin devient la source de centaines de tableaux, peints en séries. Le sujet est ici la luxuriance, la profusion de fleurs grimpantes et retombantes, ainsi que le magnifique jeu de reflets à la surface de l’eau. Un rayon de soleil filtre au travers de la haie. Une palette froide (verts, bleus et violets) matérialise les ombres et s’oppose à la chaleur des tonalités jaunes du soleil. Au centre de ce mur végétal compact se trouve la touche finale. Un simple coup de brosse. Cette touche de blanc pur crée toute la profondeur du paysage. L’effet est efficace et magique ! Un indispensable petit morceau de ciel !

  • Le Cap Layet

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Henri-Edmond CROSS (Henri-Edmond DELACROIX, dit)
    Date : 1904
    Dimension : 89 x 116 cm
    Crédit : Ville de Grenoble / Musée de Grenoble-J.L. LacroixDomaine public
    Acquisition : Legs de Pierre Collart en 1995
    Localisation : SA26 - Salle 26

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    Cross retient la leçon impressionniste. Le noir disparaît de sa palette et la peinture devient lumière. C’est naturellement qu’il s’installe sur la côte d’Azur afin de bénéficier d’un ensoleillement maximal ! Le jeu ici est de diviser les couleurs : les froides pour les ombres, les chaudes pour la lumière. L’idée étant de les faire contraster entre elles au maximum et de créer ainsi la lumière. Elle en est éblouissante ! Le soleil transperce les majestueux pins du premier plan en de subtils touches orangées et roses. Puis il frappe le sentier, les arbres du second plan, les rochers de la crique et finit par se répandre à la surface de la mer au loin, dans un grand scintillement doré. Le ciel est ici un spectaculaire dégradé de jaunes pâles allant vers les bleus puis devenant même vert…tout en haut, à gauche !

  • Sicile

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Nicolas de STAËL
    Date : 1954
    Dimension : 114 x 146 cm
    Crédit : VILLE DE GRENOBLE / MUSÉE DE GRENOBLE-J.L. LACROIX© Adagp, Paris
    Acquisition : Achat à Françoise de Staël avec la participation du FRAM en 1982
    Localisation : SA37 - Salle 37

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    En voilà un ciel incroyable ! De Staël construit son tableau en juxtaposant des surfaces colorées fortement contrastées. Il travaille la matière au couteau, ce qui accentue la planéité de ce curieux paysage. Au-delà du simple plaisir de contempler cette surface texturée et presque tactile, on découvre la ville sicilienne baignée de soleil. Les jaunes vifs, bruns, rouges et orange du premier plan rendent perceptible la chaleur écrasante des lieux. Elle paraît même créer des mirages à l’horizon, sur la ligne des maisons. Puis, au-delà de cette ligne et du bleu profond de la mer, s’étend un gigantesque ciel vert, marqué par l’instrument du peintre. Pourquoi vert ? Sans doute parce que le bleu, trop froid, n’aurait jamais pu rendre cette sensation de chaleur accablante…De Staël a-t-il mélangé le bleu du ciel au jaune du soleil pour obtenir ce spectaculaire effet bien plus chaud !? Une chose est sûre, ce paysage au ciel vert irradie les salles du musée !

  • Bleu le soir à Royan

    Médium : Huile sur toile
    Auteur : Olivier DEBRÉ
    Date : 1965
    Dimension : 190 x 195 cm
    Acquisition : Achat à l'artiste en 1968
    Localisation : SA37 - Salle 37

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    Nous voici encore une fois plongés dans la matière du peintre ! Absorbés par le bleu de ce paysage des bords de l’Atlantique, qui frôle l’abstraction. Debré nous fait ressentir les éléments tout en ne dévoilant de ce lieu que le minimum. Il opte pour un très grand format carré dans lequel une vague se forme au premier plan pendant que deux oiseaux jouent avec le vent sur un ciel azur. L’horizon est sans bornes. Les éléments animés sont réduits à de simples signes, rendus vivants par le jeu des matières et la gestuelle très visible de l’artiste. La peinture est épaisse pour les figures en mouvement alors que le ciel consiste en une fine couche picturale et uniforme recouvrant la toile. Il s’agit presque d’un monochrome, un bleu si présent qu’il agit comme une bouffée d’air iodé sur le spectateur.

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